LUTTE CONTRE LA DESINFORMATION : une riposte collective s’organise
Le 11 décembre 2025, une rencontre réunissant des responsables institutionnels, des acteurs des médias publics et privés, ainsi que des experts, a eu lieu pour débattre des réponses à apporter aux campagnes de désinformation visant le pays.
Organisé par le Centre d’Information Gouvernementale du Mali, la Direction de l’Information et des Relations publiques des Armées, et la Maison de la Presse, ce panel a mis en exergue le rôle stratégique de l’information dans le contexte d’une guerre asymétrique.
Les échanges se sont déroulés à l’Hôtel de l’Amitié, sous la modération de Salif Sanogo, ancien directeur général de l’ORTM, qui a souligné l’importance d’un dialogue direct et responsable entre institutions, forces de défense et professionnels des médias. Dès le début, la nécessité d’une réponse collective et structurée face aux narratifs hostiles a été un fil conducteur des discussions.
Ibrahim Traoré, prenant la parole au nom du Centre d’Information Gouvernementale (CIGMA), a insisté sur le fait que la communication institutionnelle ne doit pas se limiter à la valorisation de l’action publique. Dans un environnement où la manipulation de l’information est omniprésente, cette communication doit devenir un instrument de défense et d’influence, s’appuyant sur la rapidité, la transparence et la crédibilité des sources officielles. Il a également souligné l’importance de renforcer la présence de l’État sur les plateformes numériques, y compris les réseaux sociaux, pour toucher un public diversifié, y compris les populations parlant des langues nationales. « Dire la vérité aux populations, même en période de crise, est une obligation pour préserver la confiance », a-t-il déclaré.
Présidant la rencontre, le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, a replacé les échanges dans le cadre plus large de la guerre informationnelle. Il a dénoncé la diffusion massive de rumeurs, de montages et de fausses informations, souvent amplifiées sur les réseaux sociaux, visant à affaiblir l’opinion publique et à saper la confiance envers les Forces armées maliennes. Pour lui, une information rigoureuse et responsable constitue un rempart stratégique, et il a appelé les médias à mesurer l’impact de chaque contenu diffusé.
La voix des médias publics a également été audible. M. Traoré, directeur de la Radio rurale et représentant la direction générale de l’ORTM, a souligné le rôle de proximité joué par ce réseau à travers le pays. Il a mis en avant l’importance d’une information accessible, contextualisée et diffusée dans les langues nationales pour toucher les populations rurales, souvent les plus exposées à la désinformation. Selon lui, renforcer les médias de proximité participe directement à la résilience informationnelle du pays.
Alassane Souleymane, directeur général de l’Agence Malienne de Presse et de Publicité, a souligné la responsabilité des médias publics dans un environnement saturé d’informations non vérifiées. Il a rappelé que le journalisme doit rester un travail de terrain, consistant à témoigner de la réalité quotidienne et à fournir des éléments de compréhension face aux récits produits par des acteurs éloignés du terrain.
Bandjougou Danté, président de la Maison de la Presse, a plaidé pour une union nationale des acteurs de l’information et de la communication. Revenant sur l’évolution du paysage médiatique et l’essor des réseaux sociaux, il a souligné la nécessité de dépasser les clivages entre médias publics, privés et acteurs numériques. Pour lui, seule une cohésion fondée sur le professionnalisme et la responsabilité permettra de déconstruire les narratifs défavorables et de défendre une information ancrée dans les faits.
Intervenant au nom de la presse privée, Alexis Kalambry, directeur de publication du journal Mali Tribune, a insisté sur la place essentielle des médias indépendants dans ce combat informationnel. Il a rappelé que la crédibilité de la presse repose sur la vérification, la contextualisation et l’indépendance éditoriale, même dans un contexte de forte pression. Selon lui, la lutte contre la désinformation ne doit pas affaiblir les exigences professionnelles, mais au contraire, les renforcer.
Apportant un éclairage sécuritaire, le colonel-major Souleymane Dembélé, directeur de la DIRPA, a expliqué que dans une guerre asymétrique, l’adversaire mise autant sur l’impact psychologique que sur l’affrontement armé. La communication opérationnelle vise à accompagner les actions sur le terrain, à informer sans compromettre la sécurité et à contrer les récits hostiles par des faits vérifiés.
Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé autour de la nécessité de faire bloc face à la désinformation. Dans un contexte où chaque mot, chaque image et chaque silence peuvent avoir un impact considérable, les participants ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coordination entre institutions et médias afin de défendre une information fondée sur la vérité, la pédagogie et la responsabilité, au service de la cohésion nationale.
Albadia DICKO
NB : Toute reproduction (intégrale ou partielle) de nos articles sans une autorisation préalable de notre rédaction est strictement interdite. L’expropriation de propriété intellectuelle est un vol et nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour faire respecter nos droits d’auteur.
En savoir plus sur Walan plus
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Ping : JOURNEE DE REFLEXIONS MULTI-ACTEURS A BAMAKO : une réponse collective contre la désinformation au Mali - Walan plus