TRAGEDIE A DIRE SUR LE FLEUVE NIGER : 46 vies fauchées dans un naufrage dévastateur
Dans une tragédie qui a secoué la région de Tombouctou au Mali, une pinasse a fait naufrage dans la nuit du 8 janvier 2026, près de la ville de Diré. Selon un communiqué du gouvernorat de Tombouctou publié le 12 janvier, cet accident a causé la mort d’au moins une trentaine de personnes, bien qu’aucun bilan officiel n’ait encore été établi. Les premières investigations évoquent un « non-respect des normes élémentaires » de navigation comme cause probable du naufrage.
La pinasse, qui avait quitté la foire de Bourem Sidi Amar et se dirigeait vers Tonka, a chaviré vers 22h, en plein cœur de la nuit. Selon les informations recueillies, environ 65 personnes, accompagnées de leurs bagages, se trouvaient à bord au moment de l’accident. Le gouvernorat a fait état de « plusieurs » morts, de disparus, ainsi que d’« importantes pertes en biens matériels », laissant les familles endeuillées et la communauté dans le choc.
Une source locale a rapporté via WhatsApp cette narration des faits : « Bonjour les membres du groupe Nassiré. Je salue tout le monde. Par rapport aux informations du mardi, tous les corps noyés ont été repêchés de l’eau. Le chavirement de la pirogue a causé d’importants dégâts. La majorité des victimes sont des femmes et des petits enfants. La plupart des personnes qui étaient à bord sont des Tamacheks », explique-t-il. « Toutes les personnes mortes dans le chavirement, du propriétaire jusqu’aux passagers, sont des Tamacheks », a-t-il précisé.
Selon cette source locale, « il y avait un seul Peulh d’Alkayaga parmi les passagers, accompagné de sa mère et de ses deux enfants. Avant l’incident, ce dernier avait attaché ses deux enfants pour qu’ils ne tombent pas dans l’eau, mais malheureusement, ils n’ont pu être détachés pour être sauvés et lors du naufrage, ils se sont noyés. Seule sa mère a survécu », explique-t-il.
Il a également remercié les habitants de Medina Koura, à Diré, qui ont pu sauver de nombreuses personnes. Il semble que sans leur intervention rapide, tous ceux qui étaient à bord de la pirogue auraient péri. Ils ont sauvé « 21 personnes », dont deux ont ensuite succombé. Dans la même soirée où l’accident a eu lieu, ils avaient repêché « 4 corps sans vie ». En plus des interventions de sauvetage, les habitants ont préparé du café, du thé, mis en place des chauffages et fourni des vêtements secs pour aider les rescapés. Les habitants de Medina Koura ont fait tout ce qu’ils pouvaient.
« Au total, ce sont 46 corps qui ont été repêchés. Les deux derniers ont été retrouvés dans la nuit de mardi. Il s’agit d’un homme et d’une femme. La femme a été identifiée comme la fille du propriétaire de la pinasse, et l’homme comme son neveu », a précisé notre source.
Il a également déclaré que « la pinasse est divisée en deux. Une partie est sortie de l’eau et l’autre est restée immergée. Il y a aussi une machine dans la partie restée sous l’eau ». Selon lui, « plus de 70 sacs de riz ont été récupérés dans l’eau ; ils sont stockés à la gendarmerie. Les bagages des personnes décédées sont également au commissariat de police de Diré », informe-t-il avant de préciser que « tous les 46 corps ont été enterrés au cimetière de Diré et ce nombre, plus les 19 survivants, fait un total de 65 personnes, toutes dans cette petite pinasse », a-t-il déploré.
Il a mentionné qu’un maître coranique avait perdu 8 talibés dans cet incident, précisant que ce dernier était venu à Diré quelques jours auparavant et avait demandé à ses élèves de prendre la pinasse pour le rejoindre. « Tous les 8 élèves talibés sont morts ».
Parmi les 46 corps, les femmes et les petits enfants sont les plus nombreux : « des enfants de 1 mois, 7 mois, 1 an, 2 ans, 4 ans, des femmes enceintes, certaines presque à terme. C’est très pitoyable ». « Il y a des gens qui ont perdu tous les membres de leur famille ; les portes de ces familles seront fermées. Il y a des gens qui ont perdu leur mère, d’autres leur père ».
Dans son récit émouvant, il a laissé entendre qu’il y a « une femme qui avait accouché quelques jours auparavant ; la mère et l’enfant sont tous deux morts. Le corps de l’enfant flottait sur l’eau. Le Peulh aussi, qui avait attaché ses deux enfants, une fille et un garçon, a mal fait. Voulant trouver une solution pour que ces enfants ne tombent pas dans l’eau, la pinasse a chaviré et ses deux enfants n’ont pas pu se détacher pour se sauver. Quelle tristesse ! ».
Une partie de la pinasse, la machine et le reste des sacs de riz sont sous l’eau. Ils seront récupérés quand le niveau de l’eau baissera. Il a aussi signalé qu’un jeune qui a été enfermé est tombé malade en prison et a été envoyé à l’hôpital de Diré.
Les témoignages recueillis mettent en lumière les conditions dangereuses dans lesquelles la pirogue naviguait. Il semblerait qu’elle était surchargée, tant par le nombre de passagers que par le poids des marchandises, notamment de nombreux sacs de riz. Une source locale a décrit la pinasse comme étant « bondée », ce qui a probablement provoqué le naufrage.
Face à cette tragédie, le gouvernorat de Tombouctou a lancé un appel aux professionnels de la navigation fluviale pour qu’ils respectent les normes d’embarquement et les règles de conduite, en particulier lors des traversées nocturnes. Cette demande de vigilance est d’autant plus capitale dans un contexte où les accidents de navigation sur le fleuve Niger sont fréquents.
Alors que les autorités continuent d’enquêter sur les circonstances exactes de ce naufrage, la communauté pleure la perte de ses membres et attend des réponses sur les mesures à prendre pour éviter que de tels drames ne se reproduisent à l’avenir.
Albadia DICKO
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