EFFORTS DES AUTORITES MALIENNES : un mois de ramadan maitrisé malgré la crise sécuritaire
À l’approche des périodes sacrées du Ramadan et du Carême chrétien, le Premier ministre malien, le Général de Division Abdoulaye Maïga, avait entrepris une visite dans plusieurs entrepôts de stockage de produits de première nécessité. L’objectif de cette initiative était de s’assurer que les stocks sont suffisants pour répondre à la demande des populations durant cette période de forte consommation. Trois semaines après, la stratégie mise en place montre des signes encourageants. L’approvisionnement en carburant est maintenu et disponible presque partout, ce qui témoigne des efforts des autorités pour garantir les services essentiels tels que l’électricité, le carburant et la stabilité des prix des denrées alimentaires.
Accompagné du Ministre de l’Industrie et du Commerce et de plusieurs responsables du secteur, le Chef du Gouvernement a pu constater des chiffres rassurants à la veille du mois de ramadan : près de 95 000 tonnes de riz, plus de 50 000 tonnes de sucre, ainsi que des quantités notables de farine, d’huile et de lait en poudre. Ces volumes, en plus des stocks disponibles chez les détaillants, rassuraient sur la robustesse de la sécurité nationale en matière d’approvisionnement alimentaire. 
Les autorités maliennes ont également mis en avant une série de mesures proactives, incluant des ajustements fiscaux et un suivi rigoureux des circuits d’approvisionnement, afin de garantir des prix stables et d’éviter toute spéculation.
Trois semaines après le début du Ramadan, le résultat de ces efforts est perceptible et de manière significative. En dépit d’un embargo djihadiste sur le carburant qui dure depuis six mois, les prix des denrées alimentaires restent stables, facilitant ainsi le passage de ce mois sacré pour les Maliens. Les camions citernes, circulant sous escorte militaire, témoignent de l’efficacité des mesures de sécurité mises en place, avec aucune attaque de convoi rapportée depuis le début du Ramadan. Ce tableau encourageant démontre l’engagement des autorités de transition à garantir les services essentiels, tout en maintenant l’approvisionnement en carburant et en électricité à travers le pays.
À Bamako, bien que l’essence soit disponible, un manque de gasoil persiste depuis plusieurs jours. Quant à l’électricité, Fatoumata Touré, un habitant des logements sociaux, témoigne : « On a minimum les six heures par jour », ce qui montre que les efforts pour maintenir un service essentiel continuent.
Dans les régions de Koulikoro, Ségou et Sikasso, l’approvisionnement en carburant est également fait, bien que certains habitants soulignent un approvisionnement jugé « insuffisant » ou « compliqué ». Malgré cela, tous les besoins en denrées alimentaires sont couverts, et la stabilité des prix apporte un certain réconfort aux populations locales.
Cependant, la situation économique actuelle reste complexe. Pour beaucoup, cette stabilité ne signifie pas nécessairement une facilité d’accès aux produits : certains peinent à gérer leurs dépenses quotidiennes, tandis que d’autres expriment une surcharge de demandes d’aide. « Regarde le message dans mon téléphone. J’ai presque 4 à 7 demandes d’aide par jour. Je viens d’envoyer les frais de condiment de 3 connaissances en difficulté. Cela montre le degré de difficulté dans le pays et surtout la souffrance des chefs de famille », explique M. Sangaré.
Les difficultés sont plus énormes dans les villes sous blocus des djihadistes du JNIM. Selon Moussa DIARRA, un transporteur, des localités comme Nioro du Sahel, Léré ou Diafarabé « subissent de plein fouet la pénurie de produits », avec « des prix qui ont augmenté depuis bien avant le début du Ramadan ». Les routes étant coupées depuis plusieurs mois, seule l’armée parvient à convoyer des denrées dans ces zones difficiles d’accès.
Ainsi, malgré les défis posés par la crise sécuritaire, les autorités maliennes s’efforcent de contenir la situation durant ce mois de Ramadan, en garantissant l’approvisionnement et en maintenant une forme de service minimum pour le bien-être de la population. Ces efforts sont nécessaires pour assurer la continuité de la vie quotidienne dans un contexte de crise. Espérons la continuité et la pérennisation de cette amélioration positive même après le mois de ramadan pour le bonheur des maliens.
Albadia DICKO/ Kaloum Info N° 180
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