POLITIQUE

Gabou DIAWARA : cent ans d’héritage et de dévouement pour le Mali

Ce 17 août 2026 marque le centenaire de Gabou DIAWARA, une figure emblématique de l’Union Soudanaise RDA et un pilier de l’indépendance malienne. À travers ses œuvres marquantes et son engagement politique et social, il a façonné la vie de notre Nation. Son héritage perdure, notamment à travers le parcours de son petit-fils, Youssouf Daba DIAWARA, qui, en tant qu’éminent acteur politique, continue de porter les valeurs et les idéaux de son grand-père. Daba DIAWARA, témoin vivant, nous parle de l’illustre disparu dans cet article pour commémorer les 100 ans qu’il aurait eus ce lundi 17 août 2026. Les jeunes générations doivent se souvenir de Gabou pour s’inspirer et redoubler d’efforts au service de la patrie.

 

Ce jour, 17 août 2026, Gabou DIAWARA, un acteur majeur de l’œuvre de l’Union soudanaise RDA aurait eu 100 ans. L’illustre personnage est le grand père de Youssouf DIAWARA, ex Coordonnateur de l’ex Coordination des mouvements et associations de soutien de l’imam Mahmoud DICKO.

Youssouf est le fils de Daba DIAWARA, une éminente figure de l’Administration et de la vie politique. Il a été conseiller à la Cour suprême, secrétaire général du gouvernement, ministre de la Fonction publique et du Travail du gouvernement de la Transition démocratique de 1991, Responsable de la Commission de réflexion pour la consolidation de la démocratie au Mali, président du Comité d’Appui aux Réformes Institutionnelles (CARI) et Ministre de la Réforme de l’Etat dans le gouvernement Mariam Khaïdama CISSÉ. Et aussi, deux fois candidat à l’élection du président de la République.

Gabou DIAWARA a eu une vie entièrement dédiée au service du Mali et de son peuple. Les jeunes Maliens d’aujourd’hui doivent le connaître pour faire plus pour la patrie.

  1. L’homme et sa famille

Gabou est né le 17 août 1926 à Kayes d’un père cheminot, Tapa DIAWARA, chef de brigade de Télécommunications au Dakar-Niger (Section Horlogerie) et de Fatoumata Niélé DIARRA, une bamanan.

Tapa DIAWARA, décédé le 27 août 1956 à Bamako, est né le 1er juillet 1898 à Kayes de Fatima Sambala, fils de Diougoudou Gabou et de Mantia, fille de Demba Bandiougou DIAWARA et de Haboula Sambala DIALLO, une princesse du Khasso, fille de Diouka Sambala DIALLO.

La lignée de Fatima Sambala DIAWARA est originaire de Boulal, un village situé dans l’arrondissement de Ballé du cercle de Nara (Mali). Dans les années 1800, elle s’est établie à Bordé, village de la Commune de Gabou, arrondissement de Diawara du cercle de Kidira de l’actuelle République du Sénégal où elle a encore aujourd’hui des attaches familiales et matérielles. Après le décès de Fatima Sambala, son premier mari, Mantia a épousé le frère du défunt, Gabou, dont elle eut une fille du nom de Assa (Baye Assa). À la mort de ce dernier, elle   est revenue, avec ses enfants, vivre à Kayes dans la famille de sa mère.

Fatoumata Niélé DIARRA, la mère de Gabou, née vers 1900, est la fille de Moussa DIARRA et de Téné DIARRA, originaires du village de Diéna (Cercle de Bla) sur lequel la violence de la conquête coloniale s’est abattue le 24 février 1891. Ramenées, elle et sa mère, d’une expédition des troupes de conquête coloniale, elle est élevée par un Lieutenant du 2ème régiment des Tirailleurs sénégalais, Chevalier de la Légion d’honneur qui finit par l’épouser. Par ce mariage, elle est devenue citoyenne française. Le Lieutenant décède à Bamako le 3 février 1919.

Fatoumata Niélé DIARRA épouse, le 17 mai 1920 à Bamako, Tapa DIAWARA. De ce mariage, naissent deux (2) enfants : Kadiatou et Gabou.

Kadiatou DIAWARA épouse en premières noces Yély BATHILY, agent des P.T.T et se remarie avec Mohamed SYLLA dit M’PAH, originaire de Touba, cercle de Banamba, riche traitant de céréales.

La fratrie de Gabou est constituée d’un frère et de trois sœurs. Sambala deviendra ingénieur-agronome et directeur général de l’Opération-Riz de Ségou son unique frère. Ils eurent trois sœurs : Kadiatou née de Fatoumata Niélé DIARRA, Fatoumata et une autre Kadiatou dite Diadia, toutes deux nées, comme Sambala, de Nana SOUCKO, la plus jeune et dernière épouse de Tapa.

Gabou DIAWARA a eu trois épouses :

Aoua SACKO, non scolarisée, fille de Lassana SACKO, prospère transporteur et grand propriétaire foncier des années 30-40 du Soudan et de Sokona Demba dite Mani.  Lassana est le fils de Goundo Baba NIMAGA SY SACKO, originaire de Madina Sacko du cercle de Banamba. Mani DEMBA, sœur du vétérinaire Moussa SISSOKO, un grand ténor du Parti progressiste soudanais (PSP) est la fille de Balla SISSOKO, originaire de Makono, village du cercle Kati et de Lountandy DIALLO de la famille Diallo du Khasso. Aoua donne à Gabou plusieurs enfants : Assa, Mantia, Daba, Lassana, Fatoumata, Tagaty, Tapa, Daouda, Yali  Sinaly et Sokona dite Mani.

Kama OUATTARA, fille de Youssouf de la grande famille OUATTARA de Koutiala, secrétaire de direction lui donne Séga.

Sira DIALLO, fille de Dialla DIALLO, cheminot et descendant des DIALLO du Khasso et de Fincoura SAKILIBA. Première femme contrôleur des postes du Mali devenue ensuite première inspectrice lui donne Fatoumata, Abdoulaye dit Dialla, Ibrahim dit Maîtriba, Mamadi dit Bayefa, Cheick Tidiane, Fincoura et Nana.

 

  1. Le cursus scolaire et administratif

Suivant son père dans les villes du rail où ses activités professionnelles le conduisent, notamment Kidira, Bakel, Tambacounda, Ambidédi, Kayes et Bamako. Gabou DIAWARA entame ses études primaires à l’école primaire de Médine (Kayes) où Ibrahima DICKO, alias « Mâitriba », guide ses premiers pas. Il entre ensuite à l’Ecole primaire supérieure (EPS) Terrasson de Fougères de Bamako dont il obtient le diplôme de fin d’études, le 18 juin 1944, après un brillant parcours censé lui ouvrir les portes de la fameuse école William PONTY. Celles-ci lui restèrent cependant fermées pour inaptitude physique. La visite médicale devant juger de l’aptitude des élèves à supporter le climat de la zone de l’école le déclaré inapte pour une faiblesse pulmonaire qui était censée écourter sa vie.

Un coup du sort qui, loin de le briser moralement, lui donne la force et le courage d’entrer, sur concours, dans l’administration comme comptable auxiliaire au Bureau des Finances à Koulouba en juillet 1945. Aux dires de ses camarades de l’époque, il se transforme en « véritable bête à concours » et grimpe par voie de concours professionnel jusqu’au plafond des postes administratifs des services des trésoreries alors accessibles aux indigènes. Il devient commis expéditionnaire du cadre local du Soudan français en janvier 1947. Le 1er juillet 1949, reçu premier du Soudan, il est intègre comptable des Trésoreries du Cadre commun supérieur des Services financiers et comptables de l’A.O.F. Le 1er octobre 1955, il réussit brillamment (classé 7ème de l’AOF), le concours professionnel d’accès au corps des secrétaires d’administration et suivant arrêté du Haut-Commissaire de l’A O F en date du 14 mars 1956, il est nommé secrétaire d’administration 2ème classe, 1er échelon stagiaire pour compter du 1er octobre 1955.

En 1957, le gouvernement général de l’AOF le retient parmi les Soudanais admis à entreprendre des études d’inspecteur du Trésor en France. Mais, le gouvernement soudanais de la Loi-cadre décide « pour « raison d’État » de le maintenir au Soudan pour tenir la questure de l’Assemblée territoriale conquise par l’US RDA en mars 1957. Le 1er juillet 1967, le corps des secrétaires d’administration devient celui des rédacteurs d’administration.

À la fin de la détention sans jugement du 19 novembre 1968 au 04 juin 1975, il est rappelé à l’activité et, par mesure d’éloignement administratif, affecté à Ségou où il sert à la Trésorerie régionale de 1975 à 1980. Affecté à Bamako, il continue à servir à la Direction nationale du Trésor et de la Comptabilité publique jusqu’à ce qu’il soit admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite en janvier 1984. En application d’un décret de 1974 autorisant l’intégration des « ayant fait fonction », il est régulièrement intégré par qualification professionnelle en 1992 dans le corps des inspecteurs du trésor.

 

  1. Le parcours politique

Militant de première heure de l’Union soudanaise RDA, dans le sillage de son père, ami fidèle et compagnon de toujours de Bakary KONATÉ, alias « Tièdjan », frère de Mamadou KONATÉ, Gabou se retrouve, dès 1957, au cœur de tous les centres de décision qui feront l’indépendance du Mali et les batailles de la 1ère République.

Occupant de hautes fonctions au sein du Parti et de l’État, il joue un rôle majeur dans la marche vers l’indépendance, le choix de l’option socialiste et de l’engagement pour l’unité africaine et reste d’une fidélité indéfectible à Modibo KEÏTA.

Jusqu’à sa disparition en 2012, il demeure fidèle aux grandes options politiques qu’il a contribué à forger et faire émerger lors de la rencontre RDA-PRA de Cotonou et du Festival de la Jeunesse de Bamako, deux évènements majeurs de 1958.

 

3.1. Un héraut de la jeunesse du RDA à la rencontre de Cotonou

La rencontre RDA-PRA tenue à Cotonou, du 15 au 18 juillet 1958, est un tournant majeur de l’histoire de la décolonisation en Afrique de l’Ouest. Les deux principales forces politiques de l’époque, le RDA (Rassemblement Démocratique Africain) dominé par Félix Houphouët-BOIGNY et le PRA (Parti du regroupement africain) créé juste avant la conférence (en mars 1958) par des leaders comme Léopold Sédar SENGHOR et Bakary DJIBO tentent de constituer un front unique pour peser sur le contenu de la nouvelle constitution française que De GAULLE prépare.  Cela, alors même qu’elles ont de profondes divergences de vue sur les relations futures avec la France. À cette époque, l’USRDA (Union Soudanaise-Rassemblement Démocratique Africain), est dans une position inconfortable. Elle reste fidèle au sigle « RDA » par solidarité historique, mais sur le fond, elle est en rupture avec la modération prônée par Félix Houphouët BOIGNY. Elle se distingue au sein du RDA par une ligne de plus en plus radicale, proche des positions de Sékou TOURÉ (Guinée) d’une part et d’autre part celles du PRA, à savoir l’indépendance immédiate, le socialisme et le fédéralisme.

À Cotonou, Modibo doit jouer un rôle de médiateur complexe : il est à la fois attaché à l’unité du RDA et fervent partisan d’une fédération africaine forte pour éviter l’éclatement des territoires.  Il trouve un écho favorable et appui fort auprès des jeunes (JRDA et UGEAO) et des syndicats également attachés aux idées de fédéralisme et aussi d’indépendance, et de socialisme.

Gabou Diawara est à Cotonou. Sa participation est d’ailleurs particulièrement significative, car il n’y est pas seulement en tant que cadre de l’USRDA, mais surtout en tant que représentant de la Jeunesse du RDA qui fait partie de l’aile dite radicale. Avec la caution de Modibo, les jeunes exercent une forte pression sur les « vieux » leaders, l’aile modérée de la rencontre et s’efforcent, mais en vain, de donner plus de force à une ligne de rupture.  L’échec de la Rencontre de Cotonou pousse les fédéralistes des deux camps (RDA et PRA), à tenter, quelques mois plus tard, l’aventure de la Fédération du Mali qui conduira à l’indépendance.

 

  • Le principal architecte du Festival de la Jeunesse de Bamako de 1958

Le Festival de la Jeunesse de 1958, tenu à Bamako du 2 au 5 septembre, représente un moment charnière de l’histoire politique et culturelle de l’Afrique de l’Ouest, alors en pleine ébullition à l’approche du référendum gaulliste du 28 septembre 1958.

Il se déroule dans un Contexte de mobilisation anticoloniale. Organisé principalement sous l’égide de la Jeunesse de l’Union Soudanaise-Rassemblement Démocratique Africain (JUSRDA), dont Gabou DIAWARA est la figure de proue, le Festival de Bamako n’est pas une simple rencontre festive. Il s’agit d’une démonstration de force et d’unité pour la jeunesse militante du Soudan français et de la sous-région ouest-africaine. L’objectif politique du Festival est d’affirmer la volonté d’indépendance et de dignité africaine. Les slogans « L’Afrique aux Africains » et « An ba yéré ta » y résonnent fortement.

Plus, le Festival est une Étape vers l’Indépendance. Il a renforcé la stature de Bamako comme centre de gravité du panafricanisme de l’époque et a permis de consolider les liens entre les mouvements de jeunesse de différents territoires (Sénégal, Guinée, Haute-Volta) qui partageaient alors le même idéal fédéraliste.

Gabou DIAWARA, la figure de proue de la JUSRDA, y tient un rôle de premier plan et réussit non seulement à en faire un tournant vers l’indépendance du Mali mais aussi à jeter les bases de structures qui deviendront centrales après 1960, à savoir la semaine de la jeunesse, le Service Civique, la Milice populaire et le Mouvement Pionnier.

  • Premier responsable de la jeunesse de l’Union soudanaise RDA

Vice-président du Conseil des jeunes du Soudan français en juillet 1955, Gabou DIAWARA présente au IVème Congrès de l’Union soudanaise de septembre 1955, le Rapport sur la Jeunesse.

Il est élu en décembre 1959, secrétaire général du Bureau exécutif de la JUS RDA et, quelques mois plus tard, également secrétaire général de l’Union nationale de la jeunesse du Mali, organisation des jeunes du Parti de la Fédération africaine (PFA) regroupant les jeunes de l’Union progressiste sénégalaise (UPS) et ceux de l’Union soudanaise RDA et devient membre de droit du Comité directeur du PFA. Le VIème Congrès de l’Union soudanaise RDA tenu en septembre 1962 a dissout le Bureau exécutif de la JUS RDA et l’Union nationale de la jeunesse du Mali ne survit pas à l’éclatement de la Fédération du Mali et à la disparition du PFA.

Après avoir activement participé à son organisation, il porte le message du Bureau exécutif de la JUSRDA au Congrès extraordinaire du 22 septembre 1960.

De septembre 1962 à novembre 1968, il est le président de la Commission nationale de la jeunesse de l’USRDA chargée de la politique des jeunes du Parti.

Ces fonctions font de lui le premier responsable de la de la jeunesse de l’USRDA à partir des années 55-56 jusqu’au coup d’État de 1968 et l’amènent à jouer un rôle essentiel dans l’organisation et la consolidation de la JUSRDA dont les éléments phares ont été la création du Mouvement national des pionniers du Mali et du Service Civique National, l’institution des Brigades de Vigilance, de la Milice Populaire du Mali, dont il est le premier responsable politique, la gestion des relations de la JUSRDA avec le mouvement estudiantin de l’extérieur,  le lancement des Semaines nationales de la Jeunesse, les manifestations des jeunes de 1968 pour la radicalisation de la Révolution et l’Opération Taxis.

Sur Gabou et cette période, écoutons le témoignage de Pierre Campmas, je cite, « Il fut ainsi le principal responsable de la jeuneuse de l’Union soudanaise, du moins officiellement, jusqu’au coup d’État de 1968. D’un naturel calme, réellement progressiste, mais sans excès d’aucune sorte, sympathique, au contact agréable, Gabou DIAWARA jouissant de la confiance de Modibo KEITA, traversa sereinement toutes les situations difficiles que connût l’organisation des jeunes de l’Union soudanaise RDA. Il est probable que si la JUSRDA maintint son unité, ce fut en large partie grâce à Gabou DIAWARA qui resta toujours en place et arrangea patiemment les contradictions parfois flagrantes de l’organisation.  À partir de 1965-1966, il suivit plus qu’il n’entraîna la nouvelle ligne et supporta les conséquences d’une orientation, et ici et là, d’excès qu’il n’approuvait sans doute pas » fin de citation.

 

  • Parlementaire de mars 1957 à novembre 1968

En 1957, Gabou DIAWARA est élu conseiller territorial de l’US RDA dans la circonscription électorale de Sikasso et devient questeur de l’Assemblée territoriale du Soudan. Lors des élections d’avril 1959, il conserve son mandat de député et son poste de questeur de l’Assemblée législative de la République soudanaise. Il devient député à l’Assemblée nationale de la République du Mali, le 22 septembre 1960, est réélu aux élections législatives de 1964 et reste député jusqu’ à sa mise en vacance de l’Assemblée nationale en 1968. Il devient alors membre de la Délégation législative qui fut dissoute le 19 novembre 1968.

Au cours de l’exercice de ses mandats parlementaires, il joue un rôle important.

Il est membre du Comité constitutionnel chargé de rédiger un projet de constitution de la République soudanaise et préside sa Commission des problèmes sociaux et du Travail. Le projet est adopté le 23 janvier 1959 et devient la première constitution de la République soudanaise.

Ses fonctions de questeur, l’amènent à jouer un rôle primordial dans le financement du Parti,

Gabou DIAWARA est le rapporteur de deux lois importantes de l’histoire du Mali : la loi N° 62-72 A.N-R.M du 9 août 1962 portant adoption de l’Hymne national du Mali et la loi N° 68-1/ANRM du 16 janvier 1968 mettant en vacance l’Assemblée nationale et autorisant le président de la République à mettre en place une Délégation législative jusqu’à l’organisation de nouvelles élections.

 

  • Membre de la Direction nationale du Parti

Gabou Diawara a été membre du Bureau politique national et du Comité National de Défense de la Révolution (CNDR), les deux organes qui se sont succédés à la tête de l’USRDA

  • Bureau politique national

Gabou DIAWARA entre au Bureau politique national de l’Union soudanaise RDA au Vème Congrès du Parti en août 1958 comme commissaire à la jeunesse. Selon Pierre CAMPMAS, « il avait déjà présenté le rapport sur la jeunesse au Quatrième Congrès de 1955. Il est probable que l’hommage discret mais réel rendu à Bakara DIALLO, écarté en 1952, (pour opposition au désapparentement) l’avait alors éloigné du Bureau politique ». Il est reconduit par le Congrès de septembre 1962 et reste au Bureau politique jusqu’à sa dissolution en 1967.

Pendant son mandat, il est membre de la Commission d’organisation du Congrès extraordinaire du 22 septembre 1960 qui proclame la République du Mali.

En septembre 1962, devant le 2ème Séminaire national du Parti organisé à la veille du VIème Congrès pour préparer les lignes directrices de la politique du nouvel État du Mali. Gabou DIAWARA présente l’exposé sur la politique africaine de l’Union soudanaise RDA.

Il est membre de la délégation malienne à la Conférence constitutive du Groupe de Casablanca, à la création de l’Union Ghana-Guinée-Mali, à la Conférence de Belgrade qui crée le Mouvement des non-alignés en avril 1961 et au Sommet africain d’Addis-Abeba de mai 1963 qui crée l’Organisation de l’unité africaine. Il est aussi de tous les voyages officiels importants du président Modibo KEÏTA.

Il est membre de la Commission de confection des symboles de l’État

Elle a été chargée de la rédaction l’hymne national, et de la confection des symboles de l’État, notamment les estampes des armoiries de la République et des médailles des Ordres nationaux du Mali.

Il est membre premier Conseil des Ordres nationaux du Mali

Pour immortaliser les militants qui se sont il­lustrés dans le combat pour l’indépendance et tous ceux qui se révéleront, par la suite, des servi­teurs dévoués de l’État, les Ordres nationaux du Mali sont institués en 1961 par la loi N°104/ANRM du 3 août 1961. Ils comprennent la Médaille d’or de l’indépendance, l’Ordre national du Mali comportant plusieurs grades et l’Étoile d’argent du Mérite national dont l’effigie est « Lion débout » ou « Abeille ».

Il est institué un Conseil des Ordres nationaux du Mali composé du Grand Chancelier des Ordres nationaux du Mali et de dix (10) membres, dont Gabou DIAWARA. Les membres dudit Conseil reçoi­vent la Médaille d’or de l’indépendance et l’Etoile d’argent du Mérite national avec effigie « Lion débout » et sont nommés au grade d’Officier de l’Ordre national du Mali. Ce Conseil est celui qui a reçu les 1200 propositions des sections et a proposé au Bureau politique national la liste des 400 personnalités qui ont constitué, en 1966, la première cohorte, et malheureusement la dernière, des récipiendaires de la Médaille d’or de l’indépendance.

Il est Président de la Commission sociale et culturelle du BPN.

Le 13 septembre 1966, le Bureau politique national crée cinq commissions au niveau du Secrétariat du Parti dont les présidents, non membres du gouvernement, sont assimilés à des ministres délégués à la Présidence du Gouvernement par le décret N°111/PGRM du 23 septembre 1966, Gabou DIAWARA est le président de la Commission sociale et culturelle.

 

  • Comité National de Défense de la Révolution (CNDR)

Dès la création du Comité National de Défense de la Révolution (CNDR) par la Conférence des cadres du 1er mars 1966, il en devient, l’un des sept premiers membres. Il le reste après la dissolution du Bureau politique national et la cooptation de cinq nouveaux membres, le 22 août 1967. La déclaration annonçant la dissolution du BPN et instituant le CNDR organe suprême de direction du Parti et de l’État fait de Gabou DIAWARA la troisième personnalité du CNDR, juste après le président de la République et le président de l’Assemblée nationale.

Le remaniement ministériel du 7 février 1968 fait entrer les présidents des Commissions du CNDR, dont Gabou DIAWARA, dans le gouvernement en qualité de ministre délégué à la Présidence.

Il est emprisonné lors du Coup d’État de 1968 et détenu sans jugement pendant sept ans, dans des conditions extrêmement pénibles jusqu’en juin 1975 où il est libéré sans jugement. Il est ensuite victime d’une mesure d’éloignement administratif qui le maintien à Ségou, de 1975 à 1980.

 

  • Dans l’USRDA post 1991

À la reprise des activités politiques en 1991, il est l’un des vice-présidents de l’US RDA jusqu’en 1997. À la suite des divergences sur la gestion de la position du Parti sur la crise post-électorale de 1997, il est radié à vie de l’USRDA avec tous les membres du BPN qui étaient pour le rejet de la non reconnaissance des institutions prônée par le Collectif des partis de l’opposition (COPPO). Il s’est alors retiré de la vie politique, malgré la levée de cette sanction.

 

  1. Décorations

En plus des nombreuses reçues de gouvernements africains et de l’ancien Bloc socialiste, Gabou DIAWARA est titulaire de la Médaille d’or de l’Indépendance et de l’Etoile d’argent du Mérite national, effigie « Lion débout ». et Grand officier de l’Ordre national du Mali.

Conclusion

Cet homme dont l’amour de la patrie, le sens de l’État, le respect du bien public, l’extrême humilité, la pudeur et la probité morale et intellectuelle sont rarement contestés, a été confié à Dieu, Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux, le 24 septembre 2012. La famille DIAWARA, épouses, enfants, petits-enfants ainsi que tous ceux qui l’ont connu reconnaissent qu’il a simplement été un bon époux, un père aimant et exemplaire, un homme de conviction, un militant, un Malien qui a aimé le Mali et l’a servi loyalement, de toutes ses forces.

Bamako, le 14 août 2026

Au nom des héritiers de Gabou DIAWARA,

Daba DIAWARA

Ancien ministre

Commandeur de l’Ordre national

NB : le titre et le chapô sont de la rédaction.

Source: Kaloum Info du lundi 17 août 2026

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