ATELIER ASSEP-CCIM : les médias décodent les rouages de notre assiette
L’information économique ne peut plus se contenter de chroniquer la rareté ou de s’indigner de la vie chère. Elle doit en démonter les mécanismes. C’est ce message fort qui a réuni une cinquantaine de journalistes à Koulikoro, les 23 et 24 octobre 2026. L’Association des éditeurs de presse privée (ASSEP) et la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) y ont scellé un partenariat pour transformer le traitement médiatique de l’économie nationale.
Face aux fluctuations des prix et aux défis de l’approvisionnement, la presse privée malienne affûte ses armes. Cet atelier, né d’une alliance stratégique entre l’ASSEP et la CCIM à Koulikoro, jette les bases d’un journalisme économique plus analytique, capable de traduire les réalités du marché en enjeux citoyens.
Pour le président de l’ASSEP, Boubacar YALKOUE, le rôle des médias dépasse la simple annonce factuelle d’une pénurie ou d’une hausse de prix. Le défi réside désormais dans la maîtrise des circuits de distribution, du transit et des coûts de transport, variables qui dictent directement le pouvoir d’achat des ménages.
En investissant ce champ technique avec rigueur et indépendance, la presse se positionne comme un rempart contre les rumeurs qui déstabilisent régulièrement les marchés. Cette ambition exige une transition : passer d’un journalisme de constatation à un journalisme d’explication, indispensable pour éclairer les choix des citoyens et assainir le débat public.
La CCIM, un pont vers la transparence
De son côté, la CCIM, par la voix de son secrétaire général Mahamadou Sanogo, a rappelé sa mission historique d’interface entre l’État et le secteur privé. L’institution ne se veut plus une boîte noire, mais une maison de verre engagée dans une dynamique de transparence. En qualifiant les professionnels des médias de « relais naturel vers les 3 millions d’opérateurs économiques » du pays, la chambre consulaire reconnaît la valeur stratégique de la presse dans la vulgarisation des politiques publiques.
Cette démarche est d’autant plus capitale dans le contexte actuel de la Confédération des États du Sahel (AES), où la structuration du secteur privé et la valorisation des ressources internes deviennent des priorités géopolitiques.
L’originalité de cette rencontre repose sur son approche décloisonnée. En associant la Direction générale du commerce et de la concurrence (DGCC) et la Direction Générale des transports (DGT), l’atelier a permis de mettre à plat toute la chaîne logistique qui approvisionne le Mali en denrées de première nécessité. Les journalistes ont pu confronter les contraintes des transporteurs aux réalités des importateurs et aux mécanismes de contrôle de l’État.
En finançant intégralement cette initiative, la CCIM ouvre la voie à une collaboration pérenne. Parmi les résolutions fortes, la pérennisation des journées ASSEP-CCIM et l’organisation prochaine de journées portes ouvertes témoignent d’une volonté commune : faire de l’économie une matière accessible, pour que chaque Malien comprenne enfin ce qui détermine le prix de son panier.
Albadia DICKO
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