DROITS HUMAINS ET GENRE : JDH forme des journalistes à Bamako
Le lundi 19 Octobre, l’organisation canadienne Journalistes pour les Droits Humains (JDH) a renforcé les capacités d’une douzaine de jeunes journalistes sur le journalisme des droits humains et le reportage sensible au genre afin de les outiller à mieux couvrir les problématiques clés qui affectent les femmes et filles, la participation des femmes à la vie publique et à la gouvernance inclusive au Mali.
Cette formation s’inscrit dans la mise en œuvre du Projet « Amplifier les voix des femmes et des filles pour la gouvernance inclusive au Mali » exécuté par JDH grâce au financement du Gouvernement canadien à travers Affaires Mondiales Canada.
Le but de ce projet est d’améliorer la participation féminine aux processus actuels de Refondation pour une gouvernance sensible au genre au Mali.
Cette formation lance une série d’activités de renforcement de capacités des journalistes et de mobilisation des médias pour les doter de connaissances, d’outils et de ressources nécessaires à la production de l’information crédible, vérifiée et sensible au genre, favorisant la protection et l’implication des femmes dans les mécanismes de gouvernance et de prise de décisions.
Ce travail de production d’informations journalistiques redonnera une place centrale aux récits des femmes et des filles dans les débats publics en pleine période de réformes publiques au Mali.
Selon Moro Siaka DIALLO, le Coordonnateur de JDH au Mali, « les droits humains et les questions de genre restent insuffisamment abordés dans les médias maliens. Cette situation limite la quantité et la qualité de l’information accessible au public et contribue à la sous-représentation des personnes vulnérables, notamment les femmes et les filles, ainsi qu’à la faible visibilité de leurs besoins et de leur participation aux mécanismes de gouvernance ».
Alexis KALAMBRY, Directeur de publication et formateur de JDH, souligne que le rôle des journalistes et des médias est fondamental pour « permettre aux femmes et aux filles de faire entendre leur voix, de promouvoir leurs droits humains et de déconstruire les stéréotypes liés au genre ». Les médias peuvent également contribuer à promouvoir une gouvernance plus inclusive et sensible au genre, selon lui.
Le rôle des professionnels de l’information s’avère ici hautement stratégique. Loin de simplement rapporter l’actualité, les journalistes sont appelés à devenir des actrices et acteurs de transformations sociales positives en déconstruisant activement les stéréotypes de genre ancrés, en luttant contre la désinformation et en ouvrant leurs supports d’expressions aux récits féminins positifs qui corrigent les mauvaises perceptions, inspirent sur l’engagement féminin et incitent les décideurs à prendre en compte leurs préoccupations essentielles dans les politiques publiques pour un développement juste et inclusif.
Selon le cinquième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH5) de 2022, les femmes constituent 49% de la population totale au Mali. Construire une gouvernance véritablement inclusive doit être un engagement coordonné entre média, pouvoirs publics, société civile et acteurs privés pour un pays mieux refondé, apaisé et respectueux des droits des personnes.
Assa Badiallo
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