Audit des comptes des partis politiques : Me Mountaga Tall dénonce une manœuvre illégale
Dans une intervention, Me Mountaga Tall, ancien président du Congrès National d’Initiative Démocratique (CNID-Faso Yiriwa Ton), a exprimé son indignation face à l’audit annoncé du financement des partis politiques au Mali. Selon lui, cette initiative, qui aurait dû être l’occasion de prouver la transparence des comptes de son parti, s’est transformée en une opération visant à discréditer les formations politiques dissoutes.
« À l’annonce de l’audit, j’ai ressenti un soulagement indescriptible. Enfin, je pourrais prouver aux Maliens que les comptes du CNID étaient clairs et que notre parti n’a jamais bénéficié de financements illégaux », a-t-il déclaré. Cependant, cette joie a été de courte durée, car la dissolution des partis politiques a rapidement assombri le tableau.
Me Tall a souligné que la lettre de la Cour des comptes, adressée aux présidents des anciens partis, constitue une provocation. « Comment peut-on demander à des présidents de partis dissous de se présenter alors que la loi interdit toute activité politique ? C’est un piège grossier », a-t-il affirmé. Il a rappelé que l’article 2 du décret de dissolution interdit toute activité liée aux partis dissous, y compris la réunion de leurs anciens dirigeants.
L’ancien président a également mis en lumière l’absurdité de la situation : « La Section des comptes de la Cour suprême ne peut pas exiger des documents qui ne peuvent être archivés qu’aux sièges des partis, lesquels sont fermés. C’est une demande illégale qui ne peut être satisfaite sans violer la loi », a-t-il ajouté.
Malgré ces obstacles, Me Tall a exprimé son espoir que les contraintes imposées par la dissolution soient levées, permettant ainsi aux anciens partis de prouver leur bonne foi. « Nous avons toujours déposé nos états financiers auprès de la Cour des comptes, et chaque centime a été justifié », a-t-il rappelé.
Nous espérons vivement que les contraintes indiquées seront levées pour nous permettre de laver notre honneur et de sortir de la tragi-comédie qui, comme l’a dit un jeune collègue dont je salue la résilience et la vivacité d’esprit, consiste à « demander à un mort de participer à ses funérailles ».
Me Mountaga Tall a affirmé qu’il ne répondrait pas à la lettre de la Cour des comptes, par respect pour la loi. « Il en va de la République, de la Démocratie, des Républicains et des démocrates », a-t-il conclu, soulignant l’importance de respecter les principes fondamentaux qui régissent la vie politique au Mali.
Cette intervention soulève des questions sur la transparence et la légalité des procédures en cours, et appelle à une réflexion sur l’avenir des partis politiques dans le pays.
Albadia DICKO
Kaloum Info N° 158 du mardi 24 juin 2025
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