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Crise énergétique et pénurie de carburant : quel rôle pour les médias ?

La pénurie de Carburant qui a frappé le pays ces dernières semaines a créé une situation inédite, station-service saturées, déplacement restreints, inquiétude généralisée. Au cœur de cette crise énergétique, les médias ont joué un rôle déterminant. Informer sans affoler, alerter sans surcharger, vérifier sans ralentir un équilibre complexe que chaque acteur du monde médiatique a dû gérer.

Au-delà des chiffres, des files d’attentes et des messages officiels, ce sont bien les professionnels de l’information qui ont façonné le récit de la pénurie de carburant. Leur regard issu de contextes de travail différents, révèle la complexité d’informer dans un moment où chaque phrase peut rassurer ou inquiéter davantage. Cette crise a été un véritable obstacle pour de nombreux journalistes, handicapant leurs mouvements sur le terrain.

D’après Issa Fomba, journaliste reporter à Kaloum Info « Avec la rareté du carburant, je suis contraint de me limiter à des événements proches. Le litre vendu à la pompe à 775 FCFA, est revendu sur le marché noir à 1500 FCFA. On n’a pas le choix c’est à prendre ou à laisser. Cette crise limite durement mes déplacements en tant que journaliste de terrain, cela entraîne des retards, voire des impossibilités de couvrir certains événements. Cependant, on essaie de contribuer à la gestion apaisée de la crise à notre manière ».

Grace à cette crise énergétique, le journaliste connu pour être une personne de terrain, d’enquête, de collecte d’informations afin de les traiter et les partager avec la population s’est vite adapté à la situation en créant des moyens pour maintenir leur travail intact.

« On s’adapte à la situation avec le bouclage à distance. C’est la solution que nous avons trouvée plus rationnelle au regard du contexte difficile, et ça marche bien. Situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. On se décarcasse pour respecter notre part du contrat envers nos abonnés. Quant à la rédaction elle n’est plus animé comme avant.  Nous faisons tout maintenant à distance via WhatsApp. Et tout se passe bien », selon Boubacar Yalkoué Dirpub du journal LE PAYS et président de l’association des éditeurs de presse privée ASSEP.

La radio un lieu où l’interaction avec le public est essentielle, l’animateur fait face à une réalité différente. Le rôle de l’animateur dépasse l’information brute, ce dernier devient un médiateur, chargé d’expliquer, d’apaiser et parfois même de recadrer les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux.

Selon Aminata TRAORE animatrice à la radio Donko « Nous devons miser sur la sensibilisation et les comportements à tenir face à ces crises, ce n’est pas facile mais il faut faire de son mieux pour bien faire notre mission qui est d’informer. Pour cela on se sert des réseaux sociaux. Cette crise a complètement changé mon rôle d’animatrice par ce que le courant joue un grand rôle dans mon émission et le manque a complètement arrêté l’émission pendant un long moment ».

La circulation des journalistes s’est restreint avec ces difficultés qui se font sentir même au sein des rédactions, car la mobilité a tout moment devient un luxe en cette période.

D’après Mr Kanouté président de l’union des journalistes reporters du Mali « Avec la crise du carburant, les journalistes ont beaucoup de peines à faire leur travail. Certains vont rarement dans leurs rédactions. Et même certaine sujets d’enquête qui nécessite des déplacements sont moins traités maintenant »

Face à cette crise les autorités ont mis en place une cellule de crise afin d’aider la population à surpasser ces difficultés auxquels ils font face.

Les médias apportent également leur contribution en donnant des informations fiables enfin de calmer la population qui perd tout espoir.

« Les autorités font de leur mieux face à ces menaces même si les attentes des populations ne sont pas comblées à hauteur de souhait. Je leur demande tout simplement d’impliquer tout le monde dans sa résolution. Nous sommes tous citoyens du pays et nous sommes tous animés de bon sens pour une solution idoine. C’est en cela que le mal sera endigué ou même éradiqué » selon Mr Boubacar Yalkoué.

La crise énergétique a rappelé à quel point les médias sont essentiels dans la gestion collective d’une situation sensible. Entre urgence d’informer, risque de désinformation et impératif de calme, chaque acteur médiatique a dû trouver sa place. Au-delà de la pénurie de carburant, la crise souligne l’importance d’une information fiable, mesurée et accessible. Elle invite également à reconsidérer la manière dont les médias anticipent, expliquent et accompagnent les citoyens face aux crises. Parce qu’en période d’incertitude, la clarté et la rigueur restent les meilleurs carburants de la confiance.

Coumba Dicko

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