POLITIQUE

DISSOLUTIONS DES REGROUPEMENTS ATTRIBUEES AU COLLECTIF ILLEGAL CDM : Le pot au rose découvert

La Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko (CMAS), l’association Kaoural Renouveau international, l’Observatoire de Dr Sango (une structure pour l’observation des élections), le PSDA de Ismael SACKO, SADI de Dr Oumar MARIKO et l’AEEM sont tous menacés de disparition définitive, après la demande de dissolution du plus grand nombre d’entre eux par une énigmatique association appelée Collectif pour la Défense des Militaires CDM.

Avec l’avènement des autorités militaires au pouvoir et leurs soutiens, tout porte à croire que leur objectif est de combattre les démocrates et les vrais partis politiques bien structurés, pour quelle raison, ils sont les seuls à le savoir.

Tous les maliens assistent, au-delà du silence total des politiques, à la dissolution des mouvements et partis politiques. De nouvelles procédures seraient en cours contre d’autres organisations, membres de la « Synergie d’Action pour le Mali », après celle de la CMAS et Kaoural. Il faut rappeler aussi l’épée de Damoclès qui est sur le parti SADI après la dissolution du PSDA et de l’Observatoire pour les élections et la bonne gouvernance. Une seule association derrière la plupart de ces demandes et elle a toujours gain de cause, le CDM.

Qui est derrière le Collectif pour la défense des militaires CDM ?

Adepte de la dictature communicationnelle avec des communiqués incendiaires, manifestations d’encouragement aux militaires au pouvoir, Depuis des mois, Younouss SOUMARÉ, Secrétaire Général du CDM et son mouvement se sont placés aux avant-postes des combats pour le soutien au régime d’Assimi Goïta. Cette véritable nébuleuse sur la scène politique risque de créer de grave problème à la transition. D’abord, en tant que mouvement politique ou organisation de la société civile, cette association ne doit pas exister de par son nom (Collectif pour la Défense des Militaires). Ce collectif présente par sa forme et son organisation les caractères de groupes de combat ou de milices privées. Pour preuve, c’est ce même collectif en proférant des menaces qui avaient organisé une contremarche à celle de la CMAS pour « demander la mise en place d’une transition civile » le vendredi 13 octobre 2023. Un article de Bamada.net publié le 9 octobre 2023 l’atteste.

Il faut aussi rappeler que le Collectif pour la Défense de la République (CDR) s’est vu refuser le récépissé au niveau du ministère de l’Administration territoriale pour avoir utilisé le mot « défense » qui serait réservé uniquement à l’armée (porteurs d’informe). C’est pourquoi ils ont changé le mot « défense » en « DEVELOPPEMENT ». Ce qui a donné « Collectif pour le Développement de la République CDR ».

En effet, « défense » est un nom féminin qui veut dire :

  1. « La défense du pays », « Action ou manière de défendre (un lieu) contre des ennemis ». Ce qui nécessite logiquement des armes.
  2. Dans un jeu de ballon c’est « l’action, manière de défendre son camp (Jouer la défense) ».

Partant de ce fait, le ministère a raison de refuser le récépissé à toute organisation utilisant ce mot (défense) comme appellation. Leur donner le récépissé équivaut en ce moment à une autorisation de création de milice armée, association de groupe armé ou un permis de port d’arme. Or nous savons aussi qu’au Mali la « Loi 04-038 AN RM, relative aux associations dit dans son article 13 que « peut être prononcée par décret pris en conseil des ministres, la dissolution des associations :

  1. Qui se livreraient à des manifestations armées dans la rue ou les provoqueraient ;
  2. Qui présenteraient par leur forme et leur organisation les caractères de groupes de combat ou de milices privées ;
  3. Qui auraient pour but de porter atteinte à l’intégrité du territoire national ou d’attenter par la force à la forme républicaine de l’Etat.
  4. Qui auraient une activité contraire à la liberté des cultes ;
  5. Qui fomenteraient ou entretiendraient les haines raciales, régionalistes ou religieuses ».

Ces faits étant établis, on se pose des questions.

Le CDM a-t-il un récépissé ? Si oui, comment a-t-il fait pour l’avoir avec le même ministère qui l’avait refusé pour le CDR de Rasbath ? Si non, comment se fait-il que le ministre accorde de la valeur aux demandes d’une association illégale ou fictive ?

Les acteurs politiques, de la société civile et les hommes de droit doivent chercher à connaître cette organisation érigée en protectrice inconditionnelle des autorités de transition. Une association qui surgit de nulle part et vient s’attaquer à d’autres qui ont plusieurs années d’existence. Elle, sa date de création même donne lieu à des réflexions (lancement officiel, objectifs et financement). Dans un article de jeune Afrique publié le 19 mai 2022 sur son site, «son président et cofondateur, Sanoussi Tangara, fait remonter sa création à 2016, avec un début d’activité en 2018. Pour Mohamed Dembélé, porte-parole du collectif, les débuts dateraient plutôt du 15 mars 2020 ».

En tout cas, si c’est un « collectif pour la défense de l’armée malienne », on peut comprendre même là, il y a un problème puisque c’est l’armée qui doit défendre les civiles et non le contraire

C’est à cause de l’inertie des partis politiques que « le collectif pour la défense des militaires » poursuivra ce combat dans la sphère politique et associative.

Le mouvement a saisi, le 12 janvier 2024, le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, pour obtenir la dissolution pure et simple de la CMAS de l’imam Mahmoud Dicko et de l’association Kaoral Renouveau international en ces termes : « En réaction de la sortie de monsieur El Hadji Abdou Touré, président de l’association Kaoral Renouveau international, en date du 5 décembre 2023, lors d’une vidéo sur internet dans laquelle il dénigre les autorités militaires de la transition ». « Nous avons l’honneur de vous (ministre de l’Administration territoriale) transmettre une copie du procès-verbal de transcription de propos tenus par monsieur El Hadji », trouve-t-on dans la demande adressée au département par le CDM. Et de confier que les propos proférés par le responsable « sont anticonstitutionnels et pénaux vis-à-vis de la République du Mali ». Lesquels propos peuvent, selon le mouvement plaignant, « être susceptibles d’une cause de dissolution de l’association Kaoral Renouveau international ». Dans une autre demande signée par Younouss Koumaré, un des responsables du collectif, le CDM se plaint du comportement de Youssouf Daba Diawara, coordinateur de la CMAS. Au même département de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, actuellement dirigé par le colonel Abdoulaye Maïga, Porte-parole du Gouvernement de transition, le CDM dénonce et s’oppose aux propos tenus, le 6 décembre 2023, par le coordinateur Youssouf Daba Diawara. Lesquels ont été tenus lors d’une interview accordée à Djoliba TV. Le collectif estime que Youssouf Daba a, lui aussi, dénigré les autorités militaires de la transition via son interview. Les propos du coordinateur sont anticonstitutionnels et pénaux vis-à-vis de la République du Mali, indique-t-on. Ils peuvent, de ce fait, être susceptibles d’une cause de dissolution de la CMAS, estime le CDM.

Notons que toutes les requêtes du CDM ont eu une suite favorable de la part du ministère, à commencer par la dissolution du Parti social-démocrate africain (PSDA) d’Ismaël Sacko. Quant au parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (SADI) de Oumar Mariko, la justice a été également saisie par l’Etat pour sa dissolution.

Albadia DICKO


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