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Foncier au Mali : un enjeu démographique

Au Mali, la question foncière est devenue l’un des défis majeurs du développement et de la stabilité sociale. Entre croissance urbaine incontrôlée, concurrence pour les terres rurales et faiblesse de la régulation, les enjeux se multiplient à grande vitesse. Monsieur Mamadou B Dicko ayant plusieurs années d’expérience dans le domaine immobilier nous éclairs sur le foncier, un secteur qui gagne en terrain dans un Mali en pleine croissance. 

Dans un Mali en pleine croissance démographique, le foncier devient un secteur assez élargi et compliqué à gérer. La terre est bien plus qu’un simple espace, elle est une richesse, une identité et un pouvoir. Cependant, ce secteur important est de nos jours source de toute sorte de problème et de spéculation. Mr Mamadou B Dicko nous explique « la vente de parcelles de terrain et de l’immobilier au Mali a connu une forte expansion, principalement portée par la croissance démographique, l’urbanisation rapide de Bamako et l’intérêt croissant pour l’investissement foncier. Les prix ont globalement augmenté, particulièrement dans les zones périphériques qui deviennent rapidement urbanisées. Cependant, cette croissance est accompagnée d’une hausse importante des litiges liés à la multiplication des ventes frauduleuses et au manque de documentation adéquate et de contrôle administratif ».

En effet, le domaine foncier se complique de plus en plus avec d’énormes lenteur et de complication lors des achats et démarches d’acquisition de parcelle.

« Il y a plusieurs difficultés rencontrées lors des démarches d’acquisition de parcelles. On peut par exemple citer la complication administrative et la lenteur des procédures. Il y a aussi le manque de transparence et de cohérence dans les documents fournis par les vendeurs ; les doubles ventes ou vente frauduleuse ; les conflits de bornage où superposition de parcelles dans le même lotissement. Il y a aussi des difficultés à vérifier l’authenticité des documents avant achat sans parler du coût élevé des frais annexes (notaires, mutation, bornage) », explique Mr Mamadou B Dicko, promoteur de l’agence Hombori Immobilier.

La multiplication des litiges fonciers (héritages), limitations de parcelles, occupations illégales, ventes parallèles sont devenues un phénomène courant. Les conflits opposent familles, communauté, éleveurs et agriculteurs, mais aussi populations et promoteurs immobiliers. Cette instabilité mine la cohésion sociale, freine l’investissement et alimente parfois des violences communautaires.

Selon Mr Mamadou B DICKO, « les litiges proviennent principalement des ventes multiples, très fréquentes dans les zones en périphérie ; du conflit entre le droit coutumier et le droit moderne surtout dans les villages intégrés à la ville. Des documents officiels falsifiés ou mal établis, du manque de coordination entre services domaniales, collectivités et notaires », confie-t-il .

Les agences qui jouent un rôle important dans l’évolution des démarches d’acquisition dans ce secteur vicieux, font face à une pression énorme. « Les agences immobilières jouent un rôle important pour vérifier les documents juridiques avant achat. Elles participent à réduire les risques de fraude, accompagner les clients dans les démarches de mutation, la vérification domaniale, la facilitation des négociations et à servir d’intermédiaire neutre en orientant les acheteurs vers des opportunités fiables et légales », a expliqué M. Dicko avant de préciser que « mon agence effectue la vérification auprès du cadastre et des services domaniaux lorsque le document est un acte authentique. La vérification du numéro de TF ou de PO dans les archives officielles. Une visite de terrain avec le géomètre si nécessaire. La validation de la cohérence entre les documents fournis et la réalité physique du terrain (bornes, limites, superficie) ».

L’expansion de Bamako avec une vitesse incroyable rend les terrains plus chers et plus difficiles à acquérir.

« L’expansion de Bamako vers Kati, Kalaban- coro, Djalakorobougou, Zantiébougou et autres zones a provoqué une hausse continue des prix parfois plus de 20 à 40% par an selon les localités. La transformation rapide de villages en zones urbaines augmente encore la valeur des parcelles » confie M. Dicko.

Dans un monde où la population va grandissante, la démographie du Mali bouge positivement et occupe le territoire peu à peu. Ce qui interpelle les agences immobilières, les autorités et tout ce qui évoluent dans le domaine du foncier afin de redoubler d’effort pour relever les défis qui se présentent très complexe. Chaque malien aspire à construire une maison. Il est donc nécessaire de réglementer et de faciliter l’acquisition et la protection des parcelles.

Coumba Dicko

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