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JOURNEE DE REFLEXIONS MULTI-ACTEURS A BAMAKO : une réponse collective contre la désinformation au Mali

Le 16 décembre 2025, la Maison de la Presse du Mali a servi de cadre à une journée de réflexion multi-acteurs dédiée à la lutte contre la manipulation et la désinformation. Organisée par l’Institut pour la Démocratie et l’Education aux médias au Mali (IDEM) et la Maison de la Presse en partenariat avec l’organisation canadienne Journalistes pour les Droits Humains JDH, cette rencontre a regroupé une diversité d’acteurs nationaux d’organisations de la Société civile, des médias, d’Experts en information et communication, de représentants de structures de l’Etat, des journalistes et fact-checkers.

Lors de la cérémonie d’ouverture, Moro Siaka Diallo, Coordinateur national de JDH a salué l’initiative, soulignant le rôle important de la concertation entre différents acteurs nationaux pour combattre les fausses informations et la désinformation au Mali. Le Président de la Maison de la Presse, M. Bandiougou Danté, a ajouté que la lutte contre la désinformation est une nécessité pour garantir la paix au Mali. Il a encouragé des initiatives telles que l’alerte précoce, le fact-checking communautaire, l’éducation aux médias et les partenariats multi-acteurs, rappelant que la lutte contre la désinformation est essentielle pour garantir une information fiable et préserver la paix sociale au Mali.

Le contexte actuel du Mali, marqué par une manipulation croissante de l’information, a été exposé, faisant ressortir la nécessité d’une compréhension partagée du phénomène ainsi que d’une réponse collective et coordonnée. Loin de se limiter à un simple diagnostic, cette journée a permis de poser les bases d’une stratégie nationale de lutte contre les menaces informationnelles qui exploitent les crises sécuritaires, politiques et sociales pour fragiliser la cohésion nationale et la protection des droits humains, discréditer les institutions et manipuler l’opinion publique.

Cette journée de réflexions multi-acteurs s’inscrit dans la mise en œuvre du Projet « Lutte contre la désinformation et les discours de haine pour renforcer les droits humains et la bonne gouvernance au Mali » exécuté par JDH avec le soutien de NED. Depuis janvier 2025, ce projet a permis la formation, le soutien financier et l’accompagnement technique de 48 femmes journalistes et créatrices de contenus en ligne pour vérifier les faits et déconstruire les faux récits, informer la population et améliorer leur compréhension sur les réformes publiques en cours, promouvoir les droits humains et les mécanismes de protection contre les violences basées sur le genre, sensibiliser sur la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Ce sont 120 productions de qualité qui ont été réalisées par ces femmes journalistes et créatrices de contenus.

JDH a également amélioré la participation citoyenne de 377 membres et leaders d’organisations communautaires de base composés de femmes, hommes et jeunes y compris des personnes vivant avec le handicap contre les fausses nouvelles, la désinformation et les discours de haine.

Cette organisation, qui œuvre depuis 2019 au Mali pour renforcer la promotion et la protection des droits humains à travers le journalisme éthique, plaide pour la création de coalitions solides entre les médias, l’État et la Société civile. « Au nom de Journalistes pour les Droits Humains, je tiens à exprimer notre soutien à cette initiative qui fournit une plateforme aux médias, aux structures de l’Etat, aux organisations de la Société Civile et aux Experts pour discuter des questions importantes et aboutir à des stratégies de lutte contre les fausses informations qui menacent la cohésion sociale et les droits humains au Mali », a affirmé Moro Siaka Diallo, Coordinateur national de JDH, avant de souligner l’importance de l’éducation aux médias face à la désinformation, tout en appelant les décideurs publics à investir aussi dans la presse privée malienne, « un pilier de notre société qui informe, éduque et protège la vérité », a-t-il déclaré.

Selon le Coordinateur de JDH, « la désinformation prospère dans l’ombre de la peur, du silence et d’une presse sans véritables moyens ». Pour rappel, Journalistes pour les Droits Humains (JDH) est une organisation canadienne qui donne aux journalistes locaux, aux médias, aux organisations de la société civile et aux autres acteurs concernés, les moyens de renforcer et d’améliorer les droits humains, de lutter contre la désinformation, de promouvoir l’action climatique, l’égalité de genre et plus encore.

Principaux enseignements et résultats

A cette journée multi-acteurs, les présentations sur le rôle de la presse nationale, la contribution de la société civile, la collaboration entre les médias, les organisations de la société civile et l’Etat et sur les mécanismes de riposte et du narratif souverain ont dégagé trois enseignements : la désinformation constitue désormais une menace nationale structurée, nécessitant une réponse coordonnée et technique ; les acteurs maliens sont conscients du danger mais insuffisamment outillés d’où la nécessité de renforcer les capacités ; les citoyens demeurent la principale cible des manipulations, ce qui rend indispensable l’éducation médiatique et la responsabilisation collective.

Ainsi, les participants ont convenu de la nécessité de mettre en place un mécanisme national coordonné, reposant sur une collaboration étroite entre l’État, les médias, la société civile, les acteurs technologiques et les citoyens. Ils ont formulé des recommandations qu’ils estiment prioritaires : définir un mécanisme national de veille et d’alerte informationnelle à travers une large coalition pour un narratif souverain ; organiser une rencontre spécifiquement dédiée à la création et au lancement de la coalition citoyenne pour un narratif souverain ; structurer durablement la coalition pour un narratif souverain entre médias, OSC et institutions publiques ; promouvoir et renforcer l’éducation aux médias et à l’information à tous les niveaux ; soutenir un narratif national apaisé, factuel et souverain ; encourager une participation citoyenne responsable dans l’espace numérique et développer des partenariats techniques et technologiques contre les contenus toxiques.

Albadia DICKO

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