« LA NÉGOCIATION AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD », dixit Imam Mahmoud DICKO
À Nouakchott, lors de la sixième Conférence africaine pour la promotion de la paix, l’imam Mahmoud Dicko, leader religieux influent du Mali, a lancé un appel pressant à la négociation, exhortant les acteurs politiques de son pays à « dialoguer avant qu’il ne soit trop tard ». Cette conférence, qui s’est tenue du 10 au 12 février 2026, a réuni des personnalités de premier plan, dont le ministre mauritanien des Affaires islamiques et de l’Enseignement originel, El Fadel Ould Sidati Ould Ahmed Louly, et le cheikh Abdallah Ben Bayyah.
Connu pour son rôle dans le dialogue entre les autorités politiques et les acteurs religieux au Mali, Mahmoud Dicko s’exprime à un moment où le pays est confronté à une crise sécuritaire constante. Cette situation est exacerbée par l’insécurité alimentaire, des tensions intercommunautaires et une instabilité politique.
L’imam Mahmoud Dicko, figure religieuse influente et ancien président du Haut Conseil islamique du Mali, a appelé à transformer « l’espérance » en véritable politique publique pour reconstruire le Mali, lors de la dernière journée de la sixième édition de la Conférence africaine pour la promotion de la paix, entamée mardi 10 février, en présence du ministre mauritanien des Affaires islamiques et de l’Enseignement originel, El Fadel Ould Sidati Ould Ahmed Louly, et du cheikh Abdallah Ben Bayyah.
Devant une assemblée composée de responsables politiques et de diplomates, l’imam Dicko a défendu le concept d’« espérance » comme fondement d’une refondation nationale. Il a souligné l’importance de cette valeur face aux crises sécuritaires, sociales et économiques qui secouent le Mali.
Dans une intervention à forte tonalité religieuse et politique, Mahmoud Dicko a déclaré que l’espérance, en islam, « n’est pas un simple sentiment passager, mais une posture de foi profonde ». Il a dénoncé le désespoir comme une négation de la miséricorde divine et a insisté sur la nécessité de transformer cette valeur spirituelle en levier concret d’action publique. Citant le Coran, il a insisté sur la nécessité de transformer cette valeur spirituelle en levier concret d’action publique.
Pour le religieux malien, la migration massive des jeunes représente « une crise d’espérance plus qu’une crise des frontières ». Il a plaidé pour la création d’alternatives économiques viables dans les zones fragiles, l’adaptation des programmes éducatifs aux réalités du marché local, et la relance du développement rural, présenté comme « la première ligne de défense contre la migration et le désespoir ».
Abordant la question de la cohésion nationale, il a affirmé que la citoyenneté inclusive est un enjeu central pour un Mali marqué par une diversité ethnique et culturelle parfois instrumentalisée. « Il ne peut y avoir d’espérance dans un pays où certains se sentent marginalisés », a-t-il averti, appelant à une distribution équitable des services publics et des opportunités afin de restaurer la confiance entre l’État et ses citoyens.
Mahmoud Dicko a également souligné l’importance de la réconciliation nationale, qu’il considère comme un pilier essentiel pour une stabilité durable au Mali et dans la région du Sahel. À ses yeux, cette réconciliation ne saurait se limiter à des accords politiques, mais doit s’appuyer sur une justice transitionnelle qui reconnaît les victimes, sur un dialogue national sincère et sur la construction d’une mémoire partagée. « La réconciliation n’est pas une faiblesse, mais un courage politique et moral », a-t-il déclaré.
Rendant hommage aux autorités mauritaniennes pour leur engagement en faveur du dialogue et de la paix, ainsi qu’au cheikh Abdallah Ben Bayyah pour son rôle intellectuel et spirituel, l’imam Dicko a conclu que « l’espérance ne s’importe pas de l’extérieur, mais se construit par une volonté politique sincère, une citoyenneté équitable et une réconciliation globale ».
En guise de conclusion, l’imam a exprimé ses inquiétudes face à la situation sécuritaire à Bamako, la capitale.
Issa FOMBA/ Kaloum Info N° 179 du lundi 16 février 2026
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