MEDIAS

La Presse malienne Face à un Défi Existential

Depuis l’avènement des réseaux sociaux avec le site web SixDegrees.com, considéré comme le premier réseau social, qui apparaît en 1997, suivi en 1999, par la plateforme de discussions entre internautes MSN, les médias traditionnels sont confrontés à un environnement concurrentiel qui leur semble défavorable. En considérant ce qui se passe dans notre pays, il ne serait trop de dire que les videomens, avec la grâce de l’Etat, ont tué l’information professionnelle.

Dans un pays où la démocratie émerge progressivement, la liberté de la presse est non seulement un pilier fondamental, mais aussi un symbole de progrès. Cependant, ces derniers temps, des signes inquiétants montrent que cette liberté est en péril. Les autorités actuelles semblent vouloir museler la voix des médias indépendants, préférant promouvoir des vidéomen à leur solde, au détriment de la vérité et de l’intégrité journalistique.

Il est inconcevable que la presse, qui est censée être le gardien vigilant de la société, soit traitée comme une menace ou un simple pion entre les mains des gouvernants. La presse bénéficie d’une loi spéciale, une reconnaissance claire de son importance pour la démocratie et la transparence. Pourtant, elle est de plus en plus ciblée par certaines brigades ou unités de recherche, comme si elle était une simple cible à neutraliser.

La liberté de la presse, et par extension celle de l’ensemble des médias, est constitutive de la démocratie. Elle est gage de pluralisme en faisant vivre une multitude de courants de pensée et d’opinion tout en offrant un contre-pouvoir face aux dirigeants.

Les autorités actuelles doivent réaliser que la presse n’est pas leur ennemie, mais plutôt leur alliée dans la construction d’une nation démocratique et éclairée. Elle joue un rôle essentiel en tant que sentinelle de la société, dénonçant les abus, mettant en lumière les injustices et informant le public. En la muselant, c’est l’avenir même du Mali qui est compromis.

De par leur nature, les réseaux sociaux sont sélectifs et ne diffusent qu’une information ciblée avec une consommation plus individualisée, sur-mesure. Dans des sociétés où la lecture est réservée à une poignée de personnes, ou la circulation de l’information se fait par le bouche-à-oreille, les réseaux sociaux constituent certes un vecteur de média important, mais leur manque de professionnalisme devient tout aussi inquiétant.

Peu ou pas du tout formes, les videomens, puisqu’il s’agit d’eux, bénéficient aujourd’hui d’un grand intérêt pour les pouvoirs publics qui connaissent leur défaillance mais font avec puisqu’ils servent leur cause auprès de l’opinion.

Dans les Etats démocratiques, disposant d’un système de protection des droits humains élaboré, une pesée des intérêts minutieuse est nécessaire pour juger si telle ou telle considération des droits fondamentaux et des droits humains est légitime ou si elle constitue une violation des droits humains. Lorsque l’on met en balance les droits humains et les droits fondamentaux d’un côté, l’intérêt public et la protection des droits d’une tierce personne de l’autre, le résultat ne peut être réduit à une réponse stéréotypée et générale. Ce sont bien les particularités du cas d’espèce qui vont faire pencher la balance.

Ce type de décisions, prises après une pesée des intérêts, est parfois difficile à comprendre. C’est pour cette raison que, dans les débats publics, les arguments s’appuyant sur les droits humains sont de plus en plus considérés avec suspicion et même parfois tournés en ridicule. Dépasser le sentiment que l’on a, de premier abord, de faire quelque chose de juste et le questionner à la lumière des droits humains et des droits fondamentaux, n’est pas une attitude très répandue dans notre société ou Internet a transformé la façon dont les consommateurs s’informent sur les produits et les services.

Le web a notamment démultiplié les possibilités de communications interpersonnelles et le bouche à oreille en ligne est devenu aujourd’hui une source d’information essentielle avant l’achat d’un journal. En effet, l’impression de présence sociale compense le manque d’expertise de cette source puisque l’opinion peut théoriquement remplacer l’information autant que le commentaire le fait sur les réseaux sociaux pour le fait lorsque les consommateurs ne savent rien de la qualité et de la valeur de l’information.

Protéger la presse malienne ne devrait pas être une option, mais une obligation morale et politique. C’est un devoir envers les citoyens maliens, qui ont le droit fondamental d’être informés de manière indépendante et objective. C’est aussi un devoir envers les générations futures, qui méritent de vivre dans un pays où la vérité n’est pas sacrifiée sur l’autel du pouvoir. En cette période critique, les autorités doivent faire preuve de discernement et respecter la liberté de la presse. Pour cela, les journalistes maliens doivent rester forts et intrépides dans leur quête de vérité et de justice. La liberté de la presse n’est pas négociable. Ensemble, protégeons-la pour garantir un avenir démocratique et prospère pour le Mali.

A.D.


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