Licencier n’est pas renier : le Mali face au tribunal de l’émotion
L’histoire d’Éric Sékou Chelle ressemble à ces chemins de traverse où l’on confond trop vite la poussière soulevée par la marche et la destination finale. À Bamako, il a été écarté du banc des Aigles pour insuffisance de résultats, comme un semeur jugé avant la saison des récoltes. Aujourd’hui, le voilà en demi-finale avec le Nigeria : c’est un fait, et c’est une belle étape sur la route.
Mais gardons la boussole bien orientée. Le Nigeria n’est pas une terre vierge : c’est un géant du continent, finaliste de la dernière CAN, un arbre ancien dont les racines plongent profondément dans l’histoire du football africain. Pour Éric Chelle, l’horizon fixé n’était pas simplement d’atteindre une demi-finale, mais de conduire cette équipe vers la Coupe du monde et de soulever le trophée continental. Tant que ces sommets ne sont pas atteints, le voyage reste inachevé.
Sortons donc du tumulte des émotions et des comparaisons hâtives. Le football, comme la vie, n’obéit pas aux jugements instantanés : il exige du temps, de la patience et parfois le silence. Souhaitons-lui la réussite sans en faire un procès ni une absolution prématurée.
L’histoire nous l’enseigne : le Nigeria lui-même a un jour négligé Stephen Keshi. Le destin l’a conduit ailleurs, jusqu’au Mali, avant de le ramener au pays pour y écrire une page glorieuse. Preuve que l’on peut trébucher sur une terre et courir librement sur une autre.
Car nul n’est universellement prophète. On peut être en difficulté ici et éclatant ailleurs. L’essentiel est de ne pas confondre une étape avec l’aboutissement, ni un instant avec l’éternité.
Moussa Salif Diarra
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