50 ans au service de l’intégration africaine : La CEDEAO des défis et des réalisations
Créée le 28 mai 1975 par le Traité de Lagos, la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a pour mission de favoriser l’intégration économique et la coopération entre ses États membres (15 avant le retrait des 3 pays de l’AES). Depuis sa création, elle a enregistré de nombreuses réalisations et acquis significatifs qui illustrent son engagement pour l’intégration sous régionale, le développement et la stabilité de l’Afrique de l’Ouest.
L’accord signé à Lagos le 28 mai 1975 constitue la première grande réalisation permettant d’effacer certaines barrières entre les pays anglophones et francophones, traçant la voie vers la C.E.D.E.A.O. Le traité dans son préambule, citant le président de la République de Côte d’ivoire; le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du gouvernement militaire révolutionnaire, Président du Conseil National de la Révolution du Dahomey; le président de la République de Gambie; le Chef de l’Etat, Président du Conseil National de la Rédemption de la République du Ghana; le Chef de l’Etat, commandant en chef des forces armées populaires et révolutionnaires, président de la République de Guinée; le Président de la République de Guinée Bissau; le Président de la République de la Haute-Volta; le Président de la République du Liberia; le Président du Comité Militaire de la Libération National, Président de la République du Mali; le Président de la République Islamique de Mauritanie; le Chef de l’Etat, président du conseil militaire suprême de la République du Niger; le Chef du Gouvernement Militaire Fédéral, Commandant en Chef des Forces Armées de la République Fédérale du Nigeria; le Président de la République du Sénégal; le Président de la République de Sierra Leone; le Président de la République Togolaise; stipule que
“ Conscients de la nécessité impérieuse d’accélérer, de stimuler et d’encourager le progrès économique et social de leurs Etats dans le but d’améliorer le niveau de vie de leurs peuples; Convaincus que la promotion du développement économique harmonieux de leurs États exige une coopération économique efficace qui passe essentiellement par une politique résolue et concertée d’indépendance; reconnaissant que l’intégration progressive des économies des pays de la sous-région exige une analyse objective et la prise en considération du potentiel économique et des intérêts de chaque Etat;
Acceptant la nécessité de répartir d’une manière juste et équitable les avantages de la coopération entre les Etats Membres ; Notant que les formes actuelles de coopération économique bilatéral et multilatéral dans la sous-région permettent d’espérer une coopération plus étendue ; Rappelant la déclaration sur la coopération, le développement et l’indépendance économique de l’Afrique adoptée par la Dixième Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Organisation de L’Unité Africaine; Conscients que les efforts en vue de la coopération sous régionale ne doivent pas entraver ou contrarier d’autres efforts du même genre pour promouvoir une plus large coopération en Afrique; Affirmant que l’objectif final de leurs efforts est le développement économique accéléré et soutenu de leurs États, ainsi que la création d’une société homogène, aboutissant à l’unité des pays de l’Afrique de L’Ouest, notamment par l’élimination des obstacles de tous genres à la libre circulation des biens, des capitaux et des personnes ; Décident d’instituer une Communauté Economique des Etats de L’Afrique de L’Ouest et CONVIENNENT des dispositions qui suivent:…”.
En cette période précise, il était difficile pour le commun des mortels de se faire une idée de sa portée exacte. En effet, les conditions d’une véritable intégration économique n’étaient pas encore remplies dans cette partie du continent, où les économies étaient plus concurrentes que complémentaires. De plus, le succès ou l’échec dépendaient de conditions politiques propres à chaque pays ou liées à leur volonté différente d’accepter l’intégration.
Les objectifs de la communauté selon le traité du 28 mai 1975 étaient de promouvoir la coopération et le développement dans tous les domaines de l’activité économique, particulièrement dans les domaines de l’industrie, des transports, des télécommunications, de l’énergie, de l’agriculture, des ressources naturelles, du commerce, des questions monétaires et financières et dans le domaine des affaires sociales et culturelles avec pour objectif d’élever le niveau de vie de ses peuples, d’accroître et de maintenir la stabilité économique, de renforcer les relations entre ses membres et de contribuer au progrès et au développement du continent africain.
Aux fins énoncées pour motiver la mise en place de l’organisation et conformément aux dispositions particulières dudit Traité, “l’action de la communauté portera par étapes, sur :
(a) L’élimination contre les Etats Membres des droits de douanes et toutes autres taxes d’effet équivalent à l’importation et à l’exportation des marchandises ;
(b) l’abolition des restrictions quantitatives et administratives au commerce entre les Etats membres ;
(c) l’établissement d’un tarif douanier commun et d’une politique commerciale commune à l’égard des pays tiers ;
(d) la suppression, entre les Etats membres, des obstacles à la libre circulation des personnes, des services et des capitaux ;
(e) l’harmonisation des politiques agricoles et la promotion des projets communautaires des Etats Membres notamment dans les domaines de la commercialisation, de la recherche et dans celui des entreprises agro-industrielles ;
(f) la réalisation de programmes concernant le développement commun en matière de transports, de communications, d’énergie et d’autres équipements d’infrastructures ainsi que l’élaboration d’une politique commune dans ces domaines ;
(g) l’harmonisation des politiques économiques et industrielles des Etats Membres et la suppression des disparités du niveau de développement des Etats Membres ;
(h) l’harmonisation nécessaire au bon fonctionnement de la communauté des politiques monétaires des Etats Membres ;
(i) la création d’un fonds de coopération, de compensation et de développement ;
(j) Toutes autres activités visant à atteindre les objectifs communautaires que les États membres peuvent entreprendre en commun à tout moment.”
L’article 4 du traité classe les institutions de la Communauté ainsi :
la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement; le conseil des ministres ; le secrétariat exécutif; le tribunal de la communauté ; les commissions techniques et spécialisés (la commission du commerce, des Douanes, de l’immigration, des questions monétaires et des paiements; la commission de l’industrie, de l’agriculture et des ressources naturelles ; la commission des transports, des télécommunications et de l’énergie ; la commission des affaires sociales et culturelles ); et toutes autres commissions ou organes qui peuvent être créés par la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement ou qui sont établis ou prévus par ledit Traité.
Il est important de rappeler que les institutions de la Communauté exercent leurs fonctions et agissent dans les limites des pouvoirs qui leur sont conférés par le Traité et par les Protocoles y afférents.
La CEDEAO, conformément à ces objectifs du traité de 1975, a joué ce rôle crucial dans la promotion de la paix, de la sécurité et du développement durable dans la région ouest africaine. À travers une multitude d’initiatives, elle s’efforce de répondre aux défis socio-économiques et environnementaux auxquels font face ses États membres. Convaincue que le développement humain est essentiel pour le progrès de la région, elle a mis en place des initiatives pour améliorer l’accès à l’éducation, à la santé et à la protection sociale. Le Programme d’Action pour la Jeunesse et le Genre vise à promouvoir l’égalité des sexes et à renforcer le rôle des jeunes dans le développement socio-économique. Elle encourage également la participation des femmes dans les processus de prise de décisions et d’économies financières.
Le traité de 1975 sera révisé par la commission de la CEDEAO à Abuja le 16 février 2010 en y ajoutant un “Acte additionnel” qui prend en compte le Protocole Additionnel A/SP1/12/01, portant amendements des Articles 1, 3, 6 et 21 du “Traité Révisé” de la CEDEAO; le Protocole Additionnel A\SP.1\06\06, portant amendement du “Traité Révisé” de la CEDEAO; le Protocole Additionnel A/SP2/6/06, portant amendement de l’article 3 paragraphes 1, 2 et 4, de l’article 4 paragraphe 1,3 et 7 et de l’article 7 paragraphe 3 du protocole relatif à la cour de justice de La communauté; l’Acte Additionnel A/SA.9/01/07, portant amendement des articles 1, 3, 6 et 21 du “Traité Révisé”; l’Acte Additionnel A/SA.3/01/10, portant amendement de l’article 9 nouveau du Traité de la CEDEAO Tel qu’amendé par Le Protocole Additionnel A/SP1/06/06. En paraphant ce “traité révisé”, les présidents de la République du BÉNIN, Thomas Yayi BONI; du BURKINA FASO, Blaise COMPAORÉ ; le premier ministre de la République du CAP VERT; Laurent GBAGBO de la République de COTE D’IVOIRE ; le président de la République de GAMBIE ; John A KUFUOR de la République du GHANA ; Mme Sidibé Fatoumata KABA, ministre de la coopération internationale pour et par ordre du Président de la République de GUINÉE ; Joao Bernardos VIEIRAS de la République de GUINÉE BISSAU ; Ellen Johnson SIRLEAF de la République du LIBERIA ; Amadou Toumani TOURÉ de la République du MALI; Mamadou TANDJA de la République du NIGER ; Olusegun OBASANJO de la République Fédérale du NIGERIA ; Abdoulaye WADE de la République du SÉNÉGAL ; Mohammed DARAMY, ministre du plan et du développement économique pour et par ordre du Président de la République de SIERRA LEONE et Faure Essozimma GNASSIMGBE de la République TOGOLAISE ont réaffirmé la création de la CEDEAO et ont décidé qu’elle sera à terme la seule communauté économique de la région aux fins de l’intégration économique et de la réalisation des objectifs de la communauté économique africaine. Le protocole additionnel (A/SP.1/01/05), portant amendement du préambule, des articles 1er, 2, 9, 22 et 30 du protocole A/P1/7/91 relatif à la cour de justice de la communauté sera adopté à Accra le 19 janvier 2005.
En droite ligne avec ses objectifs, les Etats membres de la CEDEAO ont adopté une déclaration sur l’éradication de l’apatridie en Afrique de l’Ouest. C’était à Abidjan en Côte d’Ivoire, le 25 février 2015.
Dans un “communiqué de presse Conjoint HCR / CEDEAO”, produit à la sortie de cette rencontre, il ressort qu’après deux journées de consultations de haut-niveau les 23 et 24 février, les Etats membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont adopté une Déclaration sur la prévention, la réduction et l’élimination de l’apatridie en Afrique de l’Ouest lors d’une conférence ministérielle HCR/CEDEAO accueillie par le gouvernement de Côte d’Ivoire.
“Au moins 750 000 personnes sont apatrides ou à risque d’apatridie dans la région et tombent souvent dans un vide juridique, ont un accès limité à l’éducation, à la santé et au travail. Ils sont aussi vulnérables aux discriminations et aux abus car ils n’ont pas d’existence juridique et ne sont pas reconnus aux yeux de la loi”, lit-on dans ledit communiqué.
En effet, le président de la Côte d’Ivoire, son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, en présence du Haut-Commissaire aux Réfugiés António Guterres et le Vice-président de la Commission de la CEDEAO Dr. Toga Gayewea Mcintosh a ouvert la conférence ministérielle sur l’apatridie en Afrique de l’Ouest le mercredi 25 février 2015 à Abidjan.
« Je demeure convaincu que seule une véritable coopération internationale peut permettre de réduire considérablement l’apatridie dans nos pays. C’est ensemble que nous pouvons arrêter des solutions inspirées des traités internationaux, pour mettre fin à ce fléau dans un délai de dix ans », a souligné le Président Ouattara lors de la conférence.
« La plupart prennent pour acquis le fait d’avoir une nationalité, mais pour ceux qui n’en ont pas, ou qui ne peuvent pas la prouver, il s’agit souvent d’une condamnation à une vie de discrimination, de frustration et de désespoir » a dit M. Guterres.
« L’apatridie est une question qui ne porte pas seulement sur l’humanité et la dignité de milliers de personnes mais aussi sur la paix et la sécurité dans la région » a déclaré le Vice-président de la Commission de la CEDEAO, Dr. Mcintosh.
La Déclaration contient 25 engagements et souligne, entre autres, la nécessité pour les Etats de la région de la CEDEAO d’obtenir tout d’abord des informations concrètes sur les causes de l’apatridie, le nombre et le profil des personnes apatrides dans la région. Le texte met aussi l’accent sur l’importance de s’assurer que chaque enfant acquiert une nationalité à la naissance et que tous les enfants trouvés soient considérés comme nationaux de l’État dans lequel ils sont recueillis. La Déclaration se concentre aussi sur le besoin d’assurer aux hommes et aux femmes des droits égaux pour acquérir, changer ou conserver leur nationalité ou transmettre leur nationalité à leurs enfants. Le texte souligne aussi l’importance de protéger les personnes apatrides en restaurant leur dignité et, en particulier, en leur fournissant une identité et des documents. Il invite les Etats membres qui ne l’ont pas encore fait à adhérer au plus tôt à la Convention de 1954 relative au statut des personnes apatrides ainsi qu’à la Convention de 1961 sur la réduction de l’apatridie. La conférence s’inscrivait dans le contexte de la campagne mondiale du HCR / Belong pour éradiquer l’apatridie avant 2024.
Dans le cadre du renforcement des initiatives économiques et de sécurité de l’organisation sous régionale en Afrique de l’Ouest, du 10 au 14 février 2025, la Commissaire aux Affaires Économiques et à l’Agriculture de la CEDEAO, Mme Massandjé TOURE-LITSE, a pris part aux réunions statutaires de l’Agence Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (AMAO) et de la Zone Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO) à Freetown, en Sierra Leone. Elle a profité de l’occasion pour discuter des enjeux monétaires et économiques qui touchent la région, ainsi que des stratégies à mettre en œuvre pour renforcer la coopération entre les États membres.
Lors de la réunion du Comité des gouverneurs des Banques Centrales, Mme TOURE-LITSE a souligné l’importance d’une coordination efficace entre toutes les parties impliquées dans le programme de coopération monétaire de la CEDEAO. Elle a réaffirmé l’engagement de la Commission à travailler avec les institutions financières et les gouvernements pour garantir la stabilité économique et monétaire dans la région.
Dans la même lancée, du 17 au 19 février 2025, les Directeurs et Chefs des Départements des institutions et agences de la CEDEAO ont participé à une formation en leadership et gestion stratégique à Lagos, au Nigeria.
Cette formation visait à renforcer les compétences des participants en matière de gestion des objectifs et des résultats régionaux, tout en leur fournissant les outils nécessaires pour favoriser un environnement de travail inclusif et productif.
Le Professeur Nazifi Abdullahi DARMA, Commissaire des Services Internes de la CEDEAO, a ouvert les travaux de cette formation. Les participants ont suivi des modules abordant des thématiques essentielles telles que l’importance du leadership dans la CEDEAO, l’implication du genre dans le leadership, et le développement de l’intelligence émotionnelle pour un leadership efficace. Ces sessions ont permis d’initier des discussions sur la création d’une culture organisationnelle de haute performance au sein de la CEDEAO.
Conformément à la vision de la CEDEAO de renforcer la collaboration avec l’Union Africaine et en marge de l’Assemblée de l’Union africaine, l’Ambassadeur Dr Abdel-Fatau Musah, Commissaire aux Affaires Politiques, Paix et Sécurité de la CEDEAO, a rencontré son homologue, l’Ambassadeur Bankole Adeoye. Cette rencontre a été l’occasion de féliciter l’Ambassadeur Adeoye pour sa réélection en tant que Commissaire aux Affaires Politiques, Paix et Sécurité de l’Union africaine. Les deux commissaires ont réaffirmé leur engagement à approfondir la collaboration entre leurs institutions pour garantir la stabilité et la sécurité en Afrique de l’Ouest.
Les discussions ont porté sur des initiatives conjointes visant à renforcer la paix, la sécurité et la gouvernance. Ils ont convenu de mener des missions techniques dans certains États membres et de dynamiser la coopération entre le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et le Conseil de médiation et de sécurité de la CEDEAO. Ces efforts visent à optimiser les interventions en matière de paix et de sécurité, conformément aux engagements de la CEDEAO pour une gouvernance efficace et durable.
Dans la même dynamique de développement, la Direction de l’Agriculture et du Développement Rural (DARD) de la CEDEAO a organisé une retraite stratégique de cinq jours du 10 au 14 février 2025 à Zuma Resort, dans l’État du Niger, au Nigeria. Cet événement a rassemblé des dirigeants de la DARD, des gestionnaires de projets, des experts en suivi et évaluation, ainsi que le personnel travaillant avec la DARD.
Cette retraite a permis d’examiner les réalisations passées, de partager des connaissances et de s’aligner sur la vision de la CEDEAO pour le développement agricole. Les participants ont discuté des stratégies visant à promouvoir la sécurité alimentaire et le développement rural durable à travers l’Afrique de l’Ouest.
Ces initiatives récentes de la CEDEAO sont les preuves de son engagement à renforcer l’intégration régionale, à promouvoir la paix, la sécurité, et à favoriser le développement socio-économique en Afrique de l’Ouest. À travers des formations, des collaborations interinstitutionnelles et des stratégies de développement, la CEDEAO continue de jouer un rôle important dans la construction d’un avenir prospère pour ses États membres. Cependant, elle intervient dans plusieurs autres domaines et a à son actif beaucoup de réalisations, notamment :
- Intégration et libre circulation des personnes
L’un des principaux objectifs de la CEDEAO est de favoriser l’intégration économique entre ses États membres. En 1979, la CEDEAO a mis en place le Protocole sur la libre circulation des personnes, des biens et des services, facilitant ainsi les échanges commerciaux et la mobilité des citoyens au sein de la région. En 2015, la création de la Zone de libre-échange de la CEDEAO a marqué une étape importante dans l’élimination des barrières commerciales et la promotion d’un marché commun.
- Paix et sécurité en Afrique de l’Ouest
La CEDEAO a également joué un rôle crucial dans le maintien de la paix et de la sécurité en Afrique de l’Ouest. En 1990, elle a créé le Mécanisme d’Intervention Rapide (ECOWAS Standby Force) pour répondre aux crises et aux conflits dans la région. Des interventions notables, comme celles en Sierra Leone en 1997 et au Libéria en 2003, ont permis de restaurer la paix et d’aboutir aux processus de réconciliation nationale. En 2006, la CEDEAO a également mis en place une Politique de sécurité et de défense commune pour renforcer sa capacité à gérer les crises sans oublier sa politique de réduction des risques de catastrophes.
- Développement durable
La CEDEAO a pris des initiatives significatives pour promouvoir le développement durable dans la région. On peut citer le Plan d’action régional pour l’accélération de l’Offensive riz et la politique agricole de la CEDEAO ECOWAP.
Le Programme d’Action pour l’Agriculture et la Sécurité Alimentaire (PAAS) a été lancé pour améliorer la sécurité alimentaire et renforcer les capacités agricoles des États membres. De plus, la CEDEAO a mis en œuvre des projets dans les domaines de l’énergie, des infrastructures et de la santé, contribuant ainsi à l’amélioration des conditions de vie des populations ouest-africaines.
- Lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale
Face à la montée du terrorisme et de la criminalité transnationale, la CEDEAO a renforcé sa coopération en matière de sécurité. En 2013, elle a adopté un Plan d’Action pour la lutte contre le terrorisme, visant à coordonner les efforts des États membres pour prévenir et combattre les menaces sécuritaires. La création d’une Force Multinationale Mixte pour lutter contre Boko Haram est un exemple concret de cette coopération régionale.
- Promotion des droits de l’homme et de la démocratie
La CEDEAO s’est également engagée à promouvoir les droits de l’homme et la démocratie dans la région. La Charte de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance, adoptée en 2001, a établi des normes pour des élections libres et transparentes. La CEDEAO a joué un rôle actif dans l’observation des élections et a souvent intervenu pour résoudre les crises politiques, comme en Gambie en 2017, où elle a contribué à une transition pacifique du pouvoir.
- Transport et commerce
La CEDEAO œuvre pour améliorer les infrastructures de transport afin de faciliter le commerce intra régional. Le Programme de Développement des Infrastructures de Transport (PDIT) vise à moderniser les routes, les ports et les aéroports, réduisant ainsi les coûts de transport et stimulant les échanges commerciaux. La création de la Zone de libre-échange de la CEDEAO est une étape majeure vers l’intégration économique régionale.
- Télécommunications
La CEDEAO a également mis en place des initiatives pour développer les infrastructures de télécommunications, favorisant ainsi l’accès à l’information et à la communication. Le Programme de développement des télécommunications vise à améliorer la connectivité dans la région, facilitant les échanges d’informations et le développement des entreprises.
Au vu de ces réalisations, force est de reconnaître que la CEDEAO, depuis sa création a su s’imposer comme un acteur clé du développement et de la stabilité en Afrique de l’Ouest. Ses réalisations en matière d’intégration économique, de maintien de la paix, de développement durable, de lutte contre le terrorisme et de promotion des droits de l’homme témoignent de son engagement pour un avenir meilleur.
Malgré les défis de désintégration dûs aux coups d’État, à la mauvaise communication et à la propagande pour discréditer l’organisation, elle essaie d’évoluer conformément à sa raison d’existence.
La CEDEAO a prévenu dimanche 7 juillet que la région risquait la « désintégration », après la création par les régimes militaires du Niger, du Mali et du Burkina Faso de l’alliance des Etats du sahel AES.
Le président du Nigeria, Bola Ahmed Tinubu, a appelé le nouveau dirigeant sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, à endosser le rôle d’« émissaire » auprès du Mali, du Burkina Faso et du Niger, sans donner plus de détails.
Malgré les tractations, le 29 janvier 2025, le Burkina Faso, le Mali et le Niger quittent la CEDEAO qui sera désormais 13 membres au lieu de 15.
En fournissant des informations claires et précises sur la CEDEAO, notre objectif est d’améliorer la compréhension des bienfaits de ses actions et d’accroître la visibilité de ses initiatives. Cela permettra de mobiliser les acteurs régionaux et internationaux afin de soutenir ses efforts en faveur d’une intégration régionale harmonieuse et d’un développement durable pour l’Afrique de l’Ouest.
Albadia DICKO
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