Seydou Keïta, du football à l’agrobusiness : L’usine SDA face à la réalité du marché malien
Seydou Keïta, ancien capitaine des Aigles du Mali et figure emblématique du football africain, s’est lancé dans l’agrobusiness. Avec un investissement de 14 milliards de FCFA, il a inauguré son usine sous la marque SDA, un projet qu’il considère comme un acte de patriotisme. Cependant, la réalité du marché malien s’avère être un adversaire redoutable.
Le Mali est l’un des principaux producteurs de karité en Afrique de l’Ouest, un secteur vital pour des milliers de femmes collectrices de noix de karité. Selon Mme Kadiatou LAH, actrice dans le domaine karité, « 90 % du karité malien est exporté brut », privant le pays d’une valeur ajoutée significative. “Les collectrices, véritables piliers de la filière, se heurtent à des intermédiaires qui contrôlent les prix et l’approvisionnement” selon elle dans une vidéo sur les réseaux sociaux.
Seydou Keïta, un néophyte dans ce domaine, doit naviguer habilement entre ces différents acteurs pour sécuriser un approvisionnement régulier et de qualité.
Pour réussir, SDA doit établir des partenariats directs avec les coopératives de femmes collectrices, garantissant ainsi un prix compétitif et stable. La mise en place d’un réseau logistique efficace est également cruciale pour éviter la dépendance aux grossistes. En parallèle, Seydou Keïta doit se positionner sur le marché en proposant des produits de qualité premium, tout en privilégiant la consommation locale avant l’exportation.
Malgré son engagement, Seydou Keïta fait face à des critiques concernant sa stratégie de communication. Certains estiment qu’il aurait dû organiser une conférence de presse pour mieux informer le public sur son projet, plutôt que de confier sa communication à des vidéo mans. Boubacar Koumaré, un influenceur lui a conseillé à travers un écrit sur sa page facebook Samprin Bob, de s’entourer d’experts pour éviter les erreurs de débutant et d’établir un cadre de concertation avec les producteurs de matières premières.
En effet, l’État malien a décidé d’accompagner Seydou Keïta et d’autres industriels en fixant le prix de l’arachide à un niveau bas pour permettre un prix de vente compétitif de l’huile. Cependant, cette décision suscite des mécontentements parmi les producteurs, qui estiment que cela ne leur est pas favorable. Seydou, de son côté, tente de faire comprendre que le prix fixé n’est pas de sa responsabilité, mais il doit également faire face à la colère des producteurs d’arachide qui peinent à joindre les deux bouts.
Seydou Keïta, en tant qu’ancien sportif de haut niveau, doit maintenant adopter une mentalité de compétiteur dans le monde des affaires. Son succès dépendra de sa capacité à apprendre rapidement les codes du secteur agroalimentaire, à s’entourer d’experts et à faire preuve d’audace tout en restant patient. Avec une stratégie bien ficelée, SDA pourrait révolutionner la filière du karité au Mali et prouver qu’un ancien footballeur peut également être un grand entrepreneur.
Les enjeux sont élevés, mais avec une bonne approche et une communication efficace, il pourrait bien relever ce défis.
Albadia DICKO
Kaloum Info N°151 du mardi 4 mars 2025
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