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RARETE DES PLUIES : un défi sérieux pour les récoltes et l’économie malienne

Au Mali, la rareté des pluies menace gravement la saison agricole de 2026. Les conséquences de cette situation ne se limitent pas aux seules questions alimentaires, elles pourraient également engendrer des répercussions économiques significatives. Face à ce défi, les autorités doivent prêter une attention particulière aux préoccupations des paysans et adopter des mesures préventives adéquates.

Pour les agriculteurs, cette saison des pluies s’avère particulièrement difficile. « L’état des champs témoigne d’une réalité angoissante : les signaux de cette saison, habituellement synonyme d’abondance, sont au rouge. À l’exception de quelques cas, des hectares de cultures de céréales et de cultures commerciales sont déjà endommagés par la sécheresse » a expliqué M. Amadou FOMBA, Agriculteur au village de Dien.

Outre l’insécurité et les retards dans la distribution des engrais subventionnés par l’État, les conditions climatiques aggravées par le changement climatique perturbent également le bon fonctionnement de la campagne agricole. Selon des spécialistes, « la situation est imputable à des quantités de pluie supérieures à la moyenne mais mal réparties sur l’ensemble du territoire, impactant considérablement les agriculteurs ». Dans un article de Studio tamani, publié le 26 aout dernier, Issa Traoré, directeur de l’exploitation climatologique et agroécologique à Mali-Météo explique que « La saison de pluie va continuer au-delà du mois de septembre selon les localités jusqu’au mois d’octobre. »

Dans le même article, Dr Ibrahim Dembélé, chercheur à l’institut d’économie rurale (IER), dira que les producteurs de maïs sont particulièrement concernés par les risques liés à la poursuite des précipitations. « La menace est beaucoup plus du côté de ceux qui sont en train de faire le maïs et un peu le coton. »

Pour les communautés rurales, la survie est en jeu. Amadou Coulibaly, agriculteur à Fana, témoigne : « avant, on récoltait des dizaines de sacs de maïs par hectare. Aujourd’hui, avec la terre fatiguée et sans engrais organique, nous ne faisons que trois sacs. » Dans sa zone, « au moins 90% des agriculteurs » sont touchés par la rareté des pluies. Il ajoute qu’à ce stade, « plusieurs cultures ne pourront plus être sauvées, même si, par miracle, les pluies venaient à se stabiliser. Le mal est déjà fait dans plusieurs régions. Il y a péril sur les récoltes. »

La rareté des pluies et les déficits pluviométriques pourraient affecter profondément l’économie, la sécurité alimentaire et la stabilité sociale du pays qui est fortement dépendant de son secteur primaire.

Concernant la crise agricole et l’insécurité alimentaire, la chute des rendements due aux retards ou à l’insuffisance des pluies perturbe le calendrier des semis. « Cela entraîne des pertes massives pour les cultures de subsistance telles que le mil, le sorgho et le maïs », selon M. Lassana Touré agriculteur que nous avons joint au téléphone.

De plus, la production de coton, le premier produit d’exportation agricole, souffre également, amenuisant ainsi les revenus de l’État et des paysans. Cette situation engendre également une flambée des prix, la pénurie de denrées alimentaires sur les marchés locaux faisant rapidement augmenter le coût de la vie.

Sur le plan environnemental et hydrologique, « les signes de dégradation sont préoccupants », témoigne Bina un notable du village de Fana, avec une profonde tristesse. Dans plusieurs régions, l’avancée du désert réduit chaque année les terres cultivables, tandis que le niveau d’eau du fleuve Niger continue de diminuer. À Bamako, la pollution de l’air et la disparition des espaces verts aggravent les maladies respiratoires, et le tarissement des nappes phréatiques reste un problème majeur.

Il est essentiel que des mesures adéquates soient prises pour remédier à cette situation et assurer la pérennité de l’agriculture au Mali.

 

Issa FOMBA


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