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DONNEES A CARACTERE PERSONNEL ET JOURNALISME : 120 patrons de presse à l’école de l’ASSEP-APDP

Dans un contexte médiatique en mutation rapide, l’Association des éditeurs de la presse privée du Mali (ASSEP) lance un appel à l’action lors d’un atelier de deux jours consacré à la formation de 120 patrons de presse sur la protection des données à caractère personnel. Cette initiative de l’ASSEP en collaboration avec l’APDP vise à renforcer les capacités des directeurs de publication pour un journalisme respectueux des droits des individus tout en préservant la liberté d’expression.

En journalisme, informer ne signifie pas tout publier. Le traitement et la diffusion des données à caractère personnel doivent pouvoir se concilier avec le droit à l’information et la liberté d’expression, tout en garantissant le droit au respect de la vie privée. Cette exigence place les directeurs de publication au cœur d’un enjeu juridique et professionnel majeur.

C’est dans cette perspective que l’ASSEP, en partenariat avec l’Autorité de Protection des Données à caractère Personnel (APDP), a organisé un atelier d’échange et de renforcement des capacités à l’intention de cent-vingt (120) directeurs de publication. Lors de son discours d’ouverture, Monsieur Boubacar Yalkoué, président de l’ASSEP, a exprimé un profond engagement en faveur de la professionnalisation de la presse. Selon lui, « la liberté de la presse ne saurait être durablement défendue que si ceux qui l’exercent savent également en mesurer la portée, les limites et les responsabilités. »

Les échanges ont porté sur le cadre juridique de la protection des données à caractère personnel et sur les conditions dans lesquelles ce cadre s’articule avec l’exercice de la liberté d’expression et du droit à l’information. En évoquant ce double impératif, M. Yalkoué a ajouté que « nous devons apprendre à trouver cet équilibre délicat entre deux exigences fondamentales : le droit des citoyens à être informés et leur droit à voir leur vie privée respectée. »

L’atelier a également permis d’échanger sur les étapes du traitement des données personnelles dans le cadre de l’activité journalistique. Les intervenants ont souligné que le traitement des données personnelles est encadré par des principes destinés à protéger les droits des individus, mais qu’il y a aussi des dérogations pour les traitements réalisés à des fins journalistiques. « Informer est un droit, mais informer est également une responsabilité », a rappelé M. Yalkoué, mettant l’accent sur la responsabilité que détiennent les médias dans la diffusion d’informations.

A sa suite, le 1er vice-président de la Maison de la presse M. Daouda KONATE dira que la protection des données à caractère personnel est « une question devenue incontournable dans l’exercice du métier de journaliste et, au-delà, dans le fonctionnement des entreprises de presse ».

Au nom de la Maison de la Presse, il a salué l’APDP et l’ASSEP pour la tenue de cette importante rencontre d’échanges.

Mohamed dit Sadio Madi KANOUTE, représentant la Haute Autorité de la Communication (HAC), dira que « la Haute Autorité de la Communication se réjouit de l’honneur de se tenir aux côtés de l’APDP pour la cérémonie d’ouverture de cette Session d’échanges avec l’ASSEP. L’invitation du président Samassekou au président de la HAC, que je représente, est à la fois une démarche de courtoisie mais aussi une volonté d’une meilleure collaboration entre les Autorités administratives Indépendantes surtout lorsqu’il s’agit de débattre d’un sujet transversal comme celui qui sera au cœur des échanges de deux jours entre l’APDP et l’ASSEP ».

A ses dires, cette rencontre est l’opportunité d’établir des règles claires. « Le Code d’éthique et de déontologie du journaliste rappelle que le journaliste doit respecter la vie privée tant qu’elle n’interfère pas avec l’intérêt général ». Cette vérité souligne l’importance de former les journalistes aux obligations en matière de protection des données.

Quant au Président de l’APDP, Pr Mahamadou Samassekou, il dira que la conciliation entre liberté d’expression et respect de la vie privée est présentée comme une question fondamentale. La liberté de la presse permet d’informer, d’enquêter et de contribuer au débat public, tandis que la protection des données vise notamment la dignité et l’intimité des personnes. L’enjeu consiste donc à faire vivre ces droits ensembles, avec discernement. Les responsables de médias sont particulièrement concernés par cette démarche, notamment pour protéger les personnes vulnérables et éviter les expositions inutiles.

Mohamed Ag ALBACHAR, chef de cabinet du Ministre de la Communication, représentant le gouvernement, a dit que « informer le public est une mission essentielle. Protéger la vie privée, l’intimité, la dignité et les données personnelles l’est tout autant ». Ces exigences, selon lui, ne s’opposent pas. « Elles doivent être conciliées avec discernement, dans le respect de l’intérêt général, des droits d’autrui et des obligations professionnelles qui fondent la crédibilité de la presse ».

Il a insisté sur l’importance de trouver un équilibre entre la liberté d’expression et la protection des données. Il a aussi dit que cet atelier doit clarifier les responsabilités, confronter les expériences et dégager des pratiques applicables dans les rédactions.

Albadia DICKO


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