Édito: Les Nouvelles Taxes, ou Comment Donner pour Recevoir… Rien !
Ah, le ministre ! Ce grand orateur qui, avec un aplomb digne d’un jongleur de feu, nous a récemment éclairés sur les nouvelles taxes qui vont s’abattre sur les Maliens comme une pluie de grenouilles. Oui, mes chers compatriotes, préparez-vous à voir vos factures de télécommunications et vos transferts d’argent mobile grimper en flèche, car il paraît que c’est pour notre bien. Qui aurait cru que donner encore plus à l’État serait la solution à tous nos maux ?
Il est fascinant de constater que, depuis cinq ans, lors de ces fameux fora où les Maliens ont exprimé leur désir de voir l’État réduire son train de vie, les budgets des institutions ont continué à s’envoler. Peut-être que les ministres ont pris cela comme un défi : « Réduire le train de vie ? Non, non, augmentons-le encore ! » Après tout, qui a besoin de vivre dans la simplicité quand on peut se vautrer dans le luxe des dépenses publiques ?
Et parlons de cette fameuse formalisation de la demande de nombreux Maliens. Mais qui sont ces Maliens, je vous le demande ? Sont-ils cachés derrière un écran, en train de réclamer des impôts comme on réclame des bonbons ? « Oui, s’il vous plaît, Monsieur le ministre, imposez-nous davantage ! Nous adorons donner sans rien recevoir en retour ! » C’est un peu comme si on nous proposait de payer pour voir un film, mais qu’on nous disait ensuite que le film n’existe pas. Charmant, n’est-ce pas ?
Et que dire des 2 milliards de contributions volontaires ? Ah, la belle idée du volontariat ! Pourquoi ne pas rester dans ce système, me direz-vous ? Peut-être parce que le mot « volontaire » ne rime pas avec « obligation » dans le dictionnaire du ministre. Mais bon, qui a besoin de logique quand on peut simplement imposer encore et encore à une population qui, rappelons-le, tire le diable par la queue ? D’ailleurs, moi, mon diable n’a même plus de queue.
Je ne suis pas contre le paiement des impôts, loin de là. Mais, cher ministre, le timing et le contexte actuels ne plaident pas en faveur de telles pratiques. Le citoyen lambda, celui qui se débat avec ses factures et ses fins de mois difficiles, a le droit d’exiger de la redevabilité et de la transparence. Mais, hélas, la gouvernance actuelle semble aussi opaque qu’un brouillard londonien.
Et n’oublions pas notre cher président Moussa Mara, qui attend toujours une réponse sur ces dizaines de milliards de recettes supplémentaires promises. Où sont-elles, ces recettes ? Dans le budget 2024 ou 2025 ? Les concitoyens veulent savoir, et je suis sûr qu’ils ne sont pas les seuls à se poser la question.
En attendant, chers compatriotes, préparez-vous à donner encore plus, car après tout, qui a besoin de recevoir quand on peut simplement… donner ?
Albadia DICKO
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