ENLEVEMENT ET SEQUESTRATION DE DAOUDA MAGASSA, UN AUTRE PROCHE DE L’IMAM DICKO : Peur ou acharnement gratuit ?
Le mercredi 5 février 2025, Bamako a vibré au rythme d’un événement troublant qui soulève de nombreuses questions sur la sécurité des acteurs politiques et religieux au Mali. Daouda Magassa, un proche de l’imam Mahmoud Dicko et leader influent de la Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants de l’Imam Dicko (CMAS), a été enlevé à la sortie d’une mosquée. Cet incident fait écho à la dissolution de la CMAS, à l’enlèvement précédent de Youssouf Daba Diawara, un autre soutien de l’imam, et met en exergue une atmosphère de tension croissante autour des partisans de Dicko.
Daouda Magassa était Président de la CMAS CV et chargé des questions religieuses au sein du bureau exécutif national de la CMAS avant sa dissolution en mars dernier, dissolution qui serait toujours contestée devant la justice par l’association. Sa disparition survient alors que le retour de Mahmoud Dicko est annoncé.
Selon des témoins, « Magassa a été embarqué de force dans une voiture par des hommes en civil », mercredi soir alors qu’il quittait la mosquée vers 20 heures. Son entourage révèle qu’il « faisait l’objet de menaces de mort par téléphone, et d’une surveillance quotidienne de son domicile par des hommes non identifiés » depuis plusieurs jours. Cette situation alarmante n’est pas isolée ; elle s’inscrit dans un contexte où les soutiens de l’imam Dicko, qui a été exilé en Algérie depuis plus d’un an, envisagent son retour à Bamako le 14 février prochain.
La dissolution de la CMAS par les autorités de la transition en mars dernier, contestée devant la justice, a exacerbé les tensions. Les soutiens de l’imam Dicko craignent que ces actes d’intimidation ne soient qu’une manifestation d’un « acharnement systématique » contre ceux qui osent critiquer les décisions des autorités en place.
En effet, l’enlèvement de Youssouf D. Diawara en juillet 2024 sur le pont FAD par des hommes encagoulés avant de réapparaître miraculeusement à la Brigade d’Investigation Judiciaire et présenté à un procureur, témoigne d’une pratique inquiétante qui semble se normaliser dans le pays. Face à cette situation, la Commission des soutiens de l’imam Dicko a lancé un appel urgent aux autorités compétentes pour qu’elles prennent des mesures afin de garantir la sécurité de M. Daouda Magassa et ses camarades.
Pour rappel, Youssouf D. Diawara, Coordinateur Général de la CMAS de l’imam Dicko a finalement été libéré le 3 octobre 2024 lors de sa première comparution devant le tribunal. Le procureur l’avait mis sous mandat de dépôt pour « opposition à l’autorité légitime ».
Alors que le pays se prépare à un éventuel retour de Mahmoud Dicko, la disparition de Daouda Magassa soulève des interrogations sur l’état de la démocratie et des droits humains au Mali. Est-ce un signe de peur face à un retour potentiel de l’imam, ou s’agit-il d’un acharnement gratuit contre ceux qui défendent des idées contraires à celles du pouvoir en place ? Les réponses à ces questions sont cruciales pour comprendre la dynamique politique actuelle et l’avenir du pays.
Albadia DICKO
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