MONDEPEOPLEPOLITIQUESOCIETE

MAURITANIE DU 21 AU 23 JANVIER 2025 : Tout sur la 5ème édition de la Conférence Africaine pour la Paix

La Mauritanie a accueilli du 21 au 23 janvier 2025 au palais des congrès Al Mourabitoune à Nouakchott, la 5ème édition de la conférence africaine pour la paix, initiée par l’Érudit son Eminence Sheikh Abdallah Bin Bayyah et sous le haut patronage de Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, Président de la République Islamique de Mauritanie. Cette édition a porté sur le thème « Le continent africain : le devoir de dialogue et l’importance de la réconciliation ».

Organisé par le Forum d’Abu Dhabi pour la Paix en partenariat avec le gouvernement de la Mauritanie, cet évènement international s’inscrit dans une série d’initiatives démarrées en 2020 pour consolider les bases de la paix et de la réconciliation en Afrique.

La conférence a rassemblé des chefs d’État, des leaders religieux, des universitaires, des jeunes, des diplomates et des experts venus de plus de 50 pays. Les participants en ont fait un cadre idéal pour promouvoir la paix et la réconciliation durant trois jours. Ils ont discuté des principaux défis et opportunités pour la stabilité et la prospérité du continent africain notamment :
– La situation actuelle en Afrique et la nécessité de diffuser la culture du dialogue : Une analyse des zones de tension et des opportunités pour promouvoir la tolérance et la réconciliation.

– Dialogue et réconciliation : un devoir religieux et des valeurs morales : Exploration des fondements religieux et éthiques pour résoudre les conflits pacifiquement.

– Patrimoine culturel africain et modèles inspirants : Valorisation des pratiques traditionnelles telles que “l’arbre à palabres” pour la résolution des conflits.

– Démarches intellectuelles et initiatives de terrain : Partage des stratégies réussies pour la paix en Afrique.

– L’Afrique et l’intelligence artificielle : Discussion sur l’utilisation des technologies novatrices pour renforcer la paix et le dialogue.

Cette cinquième édition a décidé de poursuivre les objectifs ambitieux des précédentes rencontres, notamment la « Déclaration de Nouakchott » de 2020, reconnue comme une référence pour la « Vision Africaine pour la Paix » par l’Union Africaine. La conférence aspire à renforcer les initiatives de dialogue et à promouvoir des partenariats stratégiques entre les acteurs publics, des leaders religieux et communautaires et des jeunes leaders pour une Afrique stable et prospère.

Lors de cette édition, le Mufti des Comores, Cheikh Aboubacar Djamil Alil, a lancé un appel pressant en faveur du dialogue interreligieux. Selon lui, “le dialogue est la clé de voûte de la paix et de la cohésion sociale en Afrique”.

En insistant sur l’importance de la tolérance, du respect mutuel et de la compréhension interculturelle, le Mufti a souligné que les religions, loin d’être un facteur de division, peuvent être un puissant moteur de rapprochement entre les peuples. Il a appelé les gouvernements africains à investir dans l’éducation au dialogue et à promouvoir des initiatives favorisant le vivre-ensemble.

Cheikh Imam Mahmoud Dicko, figure emblématique sur le plan religieux, social et politique en Afrique de l’Ouest, a également pris part à cette conférence pour une énième fois.

Pour l’occasion, il était accompagné par une importante délégation composée de ses hommes de confiance. On peut citer Youssouf Daba DIAWARA, Coordinateur Général de la CMAS qui a été dissoute par la transition; Imam Ousmane KOUMA et Mohamed Traoré dit Arafa.

L’imam DICKO a exposé sur le thèmedéfinition de la paix dans le coran et hadithavant de saluer l’Algérie pour l’hospitalité et la Mauritanie pour la qualité de l’organisation de cette édition.

Dans son intervention le guide religieux et spirituel dira que “ chaque année on  se retrouve, on réfléchit, on prend des décisions et on fait des propositions  qui sont documentées. Je constate que nos réflexions sont toujours restées dans les documents au lieu d’être appliquées au profit de nos populations africaines, surtout la communauté musulmane qui, chaque jour sont davantage divisées. J’aimerai savoir quelles sont les dispositions et les garanties pour l’application de nos différentes résolutions surtout celles de cette édition”, a-t-il conclu.

Selon Youssouf Daba DIAWARA, “le dialogue interreligieux est indispensable pour prévenir les conflits et construire un avenir pacifique pour le continent. Il est nécessaire de renforcer les échanges entre les différentes communautés religieuses et de valoriser notre savoir-faire”, a-t-il estimé.

Le Ministre malien des Affaires Religieuses, Dr. Mahamadou Koné, a été distingué lors de cette conférence au nom du Mali qui a été salué pour son engagement sans faille en faveur de la paix et du dialogue interreligieux.

Dr. Koné a, en effet, reçu le prestigieux Prix de l’Homme de la Paix. Dans son discours de remerciement, il a dédié ce prix au peuple malien, soulignant les efforts collectifs pour restaurer la paix.

Selon monsieur le Ministre, “ce prix est un encouragement à poursuivre notre action. La paix est un bien précieux que nous devons préserver ensemble”, a-t-il déclaré.

Le président ivoirien, Alassane Ouattara a aussi reçu le Prix africain pour la promotion de la paix. La distinction a été remise à son représentant, Jeannot Ahoussou-Kouadio Ministre d’État, conseiller spécial.

Ce prix, institué en 2022, honore le leadership du président Ouattara dans le renforcement de la stabilité régionale, particulièrement au sein de la CEDEAO. Depuis son lancement en 2020, ce prix souligne l’importance de valoriser les efforts en faveur de la stabilité et du dialogue.
Le jeudi 23 janvier 2025, le ministre des affaires islamiques et de l’enseignement originel, M. Sidi Yahya Ould Cheikhna Lemrabott a supervisé la clôture de la cinquième édition de la conférence africaine pour la promotion de la paix.

Avec le thème « Le continent africain : devoir de dialogue et nécessité de réconciliation », la conférence a débattu pendant trois jours de la situation actuelle en Afrique et de la nécessité d’une culture de dialogue et de réconciliation à travers des approches intellectuelles et des initiatives sociales qui visent à répandre la paix.

Les participants au cinquième forum ont formulé un certain nombre de propositions et de recommandations, dont la création d’un réseau africain pour le dialogue et la réconciliation, un programme de formation intégré pour les jeunes et les femmes, un fonds de soutien au développement local pour développer un système d’intelligence artificielle pour l’analyse des conflits et la gestion de la réconciliation, ainsi que des prix locaux annuels pour la réconciliation et le dialogue en Afrique.

Dans son discours, le ministre des affaires islamiques et de l’enseignement originel a déclaré que l’organisation de la Conférence africaine pour la promotion de la paix “a redonné à notre pays son éclat scientifique, porté par ses ulémas et ses mahadras ainsi que son rôle civilisationnel en tant que phare de la science et de la paix”.

Il a déclaré que ce forum de trois jours a examiné les conflits et les différends en Afrique et ce que les universitaires peuvent faire à cet égard pour favoriser un discours commun qui promeut la culture du dialogue et de la réconciliation dans la région pour s’opposer aux discours de haine, à l’extrémisme, à l’aggravation et à l’exploitation de la religion dans la violence et les meurtres.

Il a exprimé ses remerciements au Président du Forum, Cheikh Abdoullah bin Boya, et aux Emirats Arabes Unis pour leur soutien à cette conférence qui vise à renforcer les efforts de paix en Afrique à travers la dimension intellectuelle, soulignant qu’il est connu que la pensée est le moteur, le guide et l’influence sur le comportement et la conduite de l’homme.

Dans un discours prononcé en son nom par le mufti de l’État du Tchad, le cheikh Abdoullah bin Boya, a remercié le gouvernement et le peuple mauritaniens pour l’attention et le soin apportés à la conférence et à ses invités.

Il a expliqué que la conférence a contribué à la cristallisation d’idées susceptibles de promouvoir les valeurs de paix et de tolérance sur le continent africain, qui connaît de nombreuses guerres et de nombreux conflits avant de préciser que les peuples africains placent de grands espoirs dans les conférences de paix pour activer les idées et les approches de paix et les faire passer de la théorie à la pratique.

Albadia DICKO


En savoir plus sur Walan plus

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *