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 N’GOLONINA et Titi NIARE de la famille fondatrice de Bamako en justice : Entre héritage contesté et menaces d’inondation, les habitants se mobilisent

N’GOLONINA, un quartier historique du sud de NIARELA, est au cœur d’une affaire judiciaire pour la défense des droits fonciers de ses habitants face à M. Titi NIARE, membre de la famille fondatrice de Bamako. Bien que ce quartier ait vu le jour avant l’indépendance du Mali, il se trouve aujourd’hui au cœur de deux problèmes majeurs qui mettent en péril la vie quotidienne de ses résidents. Nous avons enquêté !

En effet, le premier problème traité dans ce dossier concerne les revendications des héritiers de feu Maridiè NIARE, une figure emblématique de la famille fondatrice de Bamako. Au cœur de ce conflit, une contestation sur l’occupation de 10 hectares de terrain dans la zone de N’GOLONINA. Les habitants, qui affirment avoir acquis ces terrains de manière légale et en toute bonne foi auprès de la famille NIARE, se retrouvent confrontés à une action en justice intentée par M. Titi NIARE, le chef de la famille fondatrice de Bamako et actuellement en France. Ce dernier aurait mandaté M. Seydou DIARRA pour convoquer certaines familles devant le tribunal de grande instance de la commune II.

Les témoignages des habitants révèlent une inquiétude croissante. “Nous avons acheté ces terrains il y a des années, et maintenant, on nous demande de justifier notre légitimité. C’est inacceptable”, s’insurge M. Boubacar Sidiki KABA, président du collectif formé par les habitants de N’GOLONINA pour se défendre. Ce collectif, qui a engagé Maître Cheick Oumar KONARE comme avocat, s’est organisé pour faire face à cette contestation.

Le dossier, déjà reporté à deux reprises, a enfin été entendu le 19 août. Maître KONARE, l’éminent avocat a présenté la défense des habitants, et le tribunal a fixé la prochaine audience au 26 août. Les membres du collectif sont déterminés à faire entendre leur voix et à protéger leurs droits. “Nous ne nous laisserons pas faire. Nous avons des documents qui prouvent notre titre de propriété de la zone”, ajoute M. KABA.

Une menace d’inondation persistante

Le deuxième problème auquel fait face N’GOLONINA est d’une nature tout aussi préoccupante : les inondations. Ce quartier a été gravement touché par des inondations l’année dernière et les résidents craignent que la situation ne se reproduise cette année. Les inondations ont été exacerbées par l’occupation illégale du lit du fleuve, qui a été vendu à des promoteurs privés, perturbant ainsi l’écoulement naturel des eaux.

Les habitants signalent que non seulement leur sécurité est menacée, mais aussi celle de leurs biens. “L’année dernière, nous avons perdu des maisons, des biens, et même des souvenirs à cause de ces inondations. Si rien n’est fait, nous risquons de vivre la même tragédie cette année”, déclare Aminata, une résidente de longue date. Les autorités municipales, bien que conscientes de la situation, semblent incapables d’apporter une solution durable.

 Face à ces deux crises, les habitants de N’GOLONINA ont décidé de ne plus rester passifs. Ils ont organisé des réunions communautaires pour sensibiliser le reste de la population sur leurs droits fonciers et la nécessité de protéger le quartier contre les inondations. “Nous devons unir nos forces. Notre quartier a une histoire, et nous devons nous battre pour le préserver”, conclut M. KABA, un jeune leader de la localité.

Les événements qui se déroulent à N’GOLONINA sont le reflet des défis plus larges auxquels de nombreuses communautés font face au Mali. Entre héritage contesté et menaces environnementales, les habitants de ce quartier historique se battent pour leur droit à un avenir sûr et équitable. La prochaine audience au tribunal sera déterminante, non seulement pour la résolution de leur conflit foncier, mais aussi pour l’affirmation de leur identité et de leur histoire. Les regards sont désormais tournés vers le 26 août, jour qui pourrait marquer un tournant décisif pour N’GOLONINA et certains de ses habitants.

Albadia DICKO

Kaloum Info N°159 du 21 août 2025

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