TOMBOUCTOU EN MODE BIENNALE : générosité et savoir-vivre révélés au grand jour
Depuis quelques jours, Tombouctou vit au rythme de la Biennale artistique et culturelle, un événement qui transforme complètement le quotidien de la ville. L’atmosphère est à la fois festive, culturelle et historique. Les rues sont animées, les places publiques accueillent des spectacles variés, et des visiteurs affluent de tous horizons pour célébrer la richesse culturelle du Mali.
À l’occasion de cette Biennale, les autorités ont décidé de suspendre les cours dans les écoles et établissements d’enseignement jusqu’au mois de janvier. Cette mesure permet aux élèves, aux enseignants et aux familles de participer pleinement à l’événement, mais elle suscite également des réactions partagées au sein de la communauté.
Dans les quartiers, on ressent une véritable effervescence. Les troupes de danse traditionnelle se produisent régulièrement, des artistes exposent leurs œuvres, et les artisans locaux profitent de l’occasion pour faire découvrir leur savoir-faire. La culture est omniprésente, vivante et engage toutes les générations.
« C’est un grand honneur pour nous. Tombouctou retrouve sa place de capitale culturelle », confie Ainana Dicko, une habitante du quartier Hammabangou. « Depuis longtemps, on attendait un événement de cette ampleur », ajoute-elle avec enthousiasme.
Du côté des élèves, la suspension des cours est vécue de manière mitigée. Selon Fatoumata Traoré, élève au lycée Beyrey, « on est content de participer à la Biennale, mais on espère que les cours reprendront normalement en janvier ». Aguib N’diaye, un enseignant rencontré sur place, souligne que « la culture est importante, mais il faudra bien organiser le rattrapage pour ne pas pénaliser les élèves ».
Malgré ces préoccupations, l’enthousiasme prédomine. Pour beaucoup, cette Biennale est un symbole fort : celui du retour à la paix, de la culture et de la fierté pour Tombouctou, après des années difficiles.
Dans le même cadre, les fils de Tombouctou mettent en avant leur hospitalité. M. Bilal Ould Tahar, Maire de la commune de Bambara-Moudé, a contribué à l’événement avec un don de 5 millions de francs CFA, tandis que le Collectif Intégrateur des Imouchagh et Alliés de Tombouctou (CIAT), par la voix de son président M. Ibrahim Ag Nock, a offert 80 bœufs et 10 tonnes de riz.
Cette mobilisation exemplaire vise à montrer à nos hôtes ce dont Tombouctou, et plus largement le Nord du Mali, est capable. Ici, l’hospitalité n’est pas un slogan, c’est une tradition. Comme le dit si bien un adage tombouctien : « Four ni idie, ma kamba idie wani » (laisse ton enfant et prend l’enfant d’autrui), une invitation à un accueil généreux et au partage.
À travers cet événement, la ville démontre qu’elle reste un pilier de l’histoire, de l’art et de l’identité malienne. Jusqu’à la fin de la Biennale, Tombouctou continue de vibrer, entre traditions, rencontres et espoirs d’un avenir meilleur.
Aïssata Traoré (stagiaire)
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