Transition malienne: 5 ans après, rien n’a presque changé
Depuis le 18 août 2020, le président Ibrahim Boubacar Keïta n’est plus chef de l’Etat, renversé par l’armée à la suite d’un soulèvement populaire. Depuis cette date, tout va de mal en pis à part la situation sécuritaire qui semble un peu améliorée.
La vie est devenue insupportable avec une flambée sans précédent des prix des denrées alimentaires, la crise énergétique, la faillite de nombreuses entreprises, la dissolution de nombreuses associations et mouvements, la restriction de la liberté d’expression, la rupture avec beaucoup de partenaires, l’enlèvement et l’emprisonnement des leaders d’opinion.
On a toujours trouvé des boucs émissaires à notre déchéance lente mais profonde.
Ce fut d’abord le G5 Sahel que le Mali a finalement quitté, invoquant une « perte d’autonomie » et « une instrumentalisation » au sein de l’organisation.
En effet, les autorités de transition maliennes, dans un communiqué en date du 15 mai 2022 annoncent leur retrait du G5 Sahel en ces termes :« […] La République du Mali se verra dans l’obligation de suspendre sa participation aux organes du G5 Sahel y compris la Force conjointe ».
D’autres départs ou d’autres divorces vont suivre notamment avec la France responsable de tous nos malheurs, même de nos problèmes de couple.
Le samedi 24 septembre 2022, le colonel Abdoulaye Maïga, Premier ministre par intérim, accusa la France, à la Tribune de l’assemblée générale des Nations unies de « pratique néocoloniale, condescendance, paternaliste et revancharde » alors qu’une année avant son Premier ministre Choguel Maïga avait accusé le même pays de “nous avoir abandonné en plein vol”.
Après le départ de l’ex colonisateur, il fallait trouver un autre bouc émissaire. Il est tout trouvé avec la MINUSMA obligée de s’en aller à la suite de plusieurs manifestations commanditées auprès de Yerewolo Ton de Ben le cerveau qui croupit derrière les barreaux depuis plus d’un an après avoir exécuté de sales besognes.
Après, c’était sur la CEDEAO qu’il fallait tomber pour cacher nos carences et les errements de la transition. Désormais , avec les putschistes du Burkina Faso et du Niger on décida “en toute souveraineté, du retrait sans délai du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest ” en prétextant une fois de plus “ l’éloignement des idéaux de ses pères fondateurs et du panafricanisme ; l’influence des puissances étrangères ; la non-assistance aux États de l’AES dans la lutte contre le terrorisme et l’insécurité ; l’adoption de “sanctions illégales, illégitimes, inhumaines et irresponsables en violation de ses propres textes”.
Des pays voisins ne sont pas non plus épargnés. Tantôt la Côte d’Ivoire et l’Algérie ou souvent la Mauritanie qui sont pris à partie pour détourner les attentions et faire oublier les malheurs des populations plongées dans l’obscurité par l’EDM, incapable de fournir le courant à cause d’une crise financière passée de 180 à plus de 600 milliards en 3 petites années. Pour fuir toujours ses responsabilités, on accuse les agents de l’EDM de vol de carburant et de la disparition de 59 citernes dont le dossier sera classé sans suite.
Toujours dans la stratégie de la fuite en avant, nous avons accusé et même enfermé des opérateurs économiques, des leaders politiques, des artistes et des religieux alors que d’autres sont contraints à l’exil. Pendant ce temps , le pays s’enfonce et les attaques contre l’école de la gendarmerie et l’aéroport de Bamako sont venues nous faire comprendre que la sécurité est très loin de faire son retour car, les attaques sont devenues quotidiennes mais censurées. Allez demander les pauvres populations du centre , de l’inter fleuve, Nara, de Diéma, Kita, Koutiala, San jusqu’à Yanfolila !!
Donc à quoi a finalement servi cette transition ?
Albadia DICKO
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