Interview

Journée Internationale de l’éducation : « Elle est un droit humain, un bien public et une responsabilité publique » dixit PIERRE NGOM

Célébrée le 24 janvier de chaque année, la journée internationale de l’éducation a été instituée par les Nations Unies. Elle vise à mettre en exergue l’importance de l’éducation pour le développement global et le bien-être des individus. Elle souligne l’accès équitable à une éducation de qualité pour tous, en mettant l’accent sur l’égalité des chances. Pour cette édition, walan + s’est entretenu avec le représentant de l’UNICEF au Mali sur la question.

Lisez l’interview !

Qu’est-ce que la Journée internationale de l’éducation ?

Pierre Ngom, Représentant de l’UNICEF au Mali : La Journée internationale de l’éducation est célébrée le 24 janvier de chaque année. Instituée par les Nations Unies, cette journée vise à mettre en exergue l’importance de l’éducation pour le développement global et le bien-être des individus. Elle souligne l’accès équitable à une éducation de qualité pour tous, en mettant l’accent sur l’égalité des chances.

L’éducation est considérée comme un levier essentiel pour lutter contre la pauvreté, favoriser la paix, encourager le développement durable, et promouvoir l’égalité des genres.

La Journée internationale de l’éducation est l’occasion de sensibiliser la communauté mondiale aux défis persistants en matière d’éducation et de plaider en faveur de solutions novatrices et inclusives.

Chaque année, un thème spécifique est choisi pour mettre en lumière des aspects particuliers de l’éducation. C’est une journée où diverses organisations, établissements scolaires, gouvernements et individus du monde entier organisent des événements, des activités et des campagnes pour promouvoir et célébrer l’éducation en tant que droit fondamental.

En d’autres termes, l’éducation est un droit humain, un bien public et une responsabilité publique. Aujourd’hui, nous sommes à la sixième édition de la Journée internationale de l’éducation qui est célébrée au Mali sous le thème « Apprendre pour une paix durable ». Cette célébration est un appel pour : (i) mobiliser les États membres et les partenaires afin qu’ils maintiennent l’éducation au rang de leurs priorités politiques et honorent leurs engagements pris dans le cadre du Sommet sur la transformation de l’éducation et de l’agenda Éducation 2030 ; (ii) donner une visibilité locale et mondiale à l’importance de l’éducation dans le renforcement et le maintien de la paix, comme indiqué dans la cible 4.7 des Objectifs de Développement Durable (ODD), et d’autres actions mondiales en matière d’éducation ; (iii) plaider pour que davantage de financements nationaux et internationaux soient consacrés à l’éducation en général, et à l’éducation pour la paix en particulier, notamment par le biais de mécanismes et de partenariats innovants et multipartites ; (iv) mettre en exergue et célébrer le rôle de pacification des jeunes et des enseignants dans et par l’éducation en vue de l’avènement de sociétés justes, inclusives et pacifiques.

Walan + : La journée est-elle connue ici par les maliens ?

Pierre Ngom, Représentant de l’UNICEF au Mali : Au Mali, la célébration de la Journée internationale de l’éducation est connue essentiellement par les maliens qui sont impliqués dans le domaine de l’éducation, les acteurs de l’éducation, et les membres d’organisations nationales et internationales (agences du Système des Nations Unies) travaillant dans le secteur de l’éducation.

Cependant, il est important que la célébration de cette journée soit connue aussi par les maliens qui n’interviennent pas directement dans le secteur de l’éducation. A cet effet, il conviendra de sensibiliser davantage la population, les autorités, les écoles et les organisations à travers des campagnes d’information, des événements éducatifs ou des programmes spéciaux pour marquer cette journée en mettant un accent particulier sur l’importance de l’éducation.

La sensibilisation à l’échelle nationale peut contribuer à accroître la compréhension de l’importance de l’éducation et à promouvoir des initiatives visant à améliorer l’accès à une éducation de qualité équitablement accessible à tous les enfants, filles et garçons du Mali, y compris les plus vulnérables et ceux se trouvant dans les situations humanitaires.

Walan + : Quel rôle jouez-vous pour la vulgarisation de cette journée ?

Pierre Ngom, Représentant de l’UNICEF au Mali : Pour la vulgarisation de cette journée, l’UNICEF procède à la distribution de matériel éducatif et organise des activités de sensibilisation qui impliquent les enfants et les organisations de la société civile.

Par ailleurs, l’UNICEF appuie aussi le Ministère de l’Éducation Nationale dans l’organisation d’événements officiels tels que des conférences, des cérémonies, des ateliers ou des séminaires pour sensibiliser le public à l’importance de l’éducation.

Ces activités visent généralement à mobiliser l’opinion publique, à sensibiliser aux enjeux éducatifs et à promouvoir des actions concrètes pour améliorer l’accès à une éducation de qualité pour tous.

Walan + : Quelles alternatives avez-vous pour les enfants déplacés à cause de l’insécurité ?

Pierre Ngom, Représentant de l’UNICEF au Mali : La crise multidimensionnelle que connaît le Mali entraîne d’importants déplacements forcés à l’intérieur et à l’extérieur du pays ; les dernières données partagées (Rapport sur les Mouvements des Populations 2023) indiquent plus de 390,000 personnes déplacées internes avec une majorité d’enfants (64%). Ces déplacements créent une pression sur les services sociaux de base, dont les écoles et offres éducatives.

Dans ce contexte, en appui aux efforts du Ministère de l’Education Nationale du Mali, l’UNICEF répond aux besoins humanitaires en éducation des enfants déplacés à travers la réponse rapide en éducation qui consiste dans le déploiement d’espaces d’apprentissage et kits et en renforçant les capacités d’accueil des écoles hôtes (via la réhabilitation et la construction d’espaces d’apprentissage). Cette réponse rapide prend également en compte les besoins des enfants de la communauté hôte afin de de favoriser la cohésion sociale, la construction et ou de la consolidation de la paix, en un mot le vivre ensemble. Les enfants sont des bons ambassadeurs car ils ne voient pas les différences et jouent ensemble permettant de rassembler les parents et membres des communautés autour de préoccupations communes.

Suivant la logique de l’approche Nexus visant à faire le lien entre l’humanitaire et le développement, la construction des espaces d’apprentissage semi-durables a permis la création de 9 nouvelles écoles dans la région de Mopti par exemple, grâce aux collaborations étroites et les synergies avec les Académies d’Enseignement, les collectivités territoriales et les communautés.

Dans la même perspective, l’UNICEF contribue également à la continuité éducative des enfants affectés par la crise travers la mise en place d’alternatives éducatives, comme les Centre d’Apprentissage Communautaire (CAC), les centres d’éducation accélérée (SSAP), l’éducation à distance (par la radio et via des supports digitaux).

Ces différentes offres éducatives et approches sont toujours appuyées par la dotation en matériel pour les élèves, les enseignants et les animateurs, ainsi que le renforcement des capacités pour les enseignants et animateurs, notamment sur des notions liées aux situations d’urgence, comme la santé mentale, l’appui psychosocial et la réduction des risques de conflits et catastrophes.

En 2023, l’UNICEF a pu doter 227,150 enfants en kits d’apprentissage individuels et fournir l’accès à une éducation formelle et non formelle à 126,106 enfants affectés par les crises.

Walan + : Vos vœux du nouvel An en dernier mot

Pierre Ngom, Représentant de l’UNICEF au Mali : L’éducation est un droit fondamental pour tous les enfants, quelque soit leur situation socio-économique, leur origine, et leur genre. Une éducation de qualité est un instrument qui permet de préparer la nouvelle génération en vue d’assurer leur contribution effective au développement socio-économique du pays.

Par conséquent, à l’orée de cette nouvelle année, je souhaite que tous les acteurs du secteur de l’éducation au Mali conjuguent leurs efforts pour que nous puissions garantir à chaque fille et chaque garçon du Mali un accès équitable et inclusif à une éducation de qualité.

Albadia H DICKO


En savoir plus sur Walan plus

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *