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YOUSSOUF DABA DIAWARA : Un parcours politique tumultueux entre enlèvements et séquestrations

Dans un contexte politique et social de plus en plus tendu au Mali, le parcours de Youssouf Daba Diawara, Coordinateur Général de la Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko (CMAS) avant sa dissolution par la transition en place, est marqué par des événements dramatiques qui ont façonné sa carrière et son engagement. Retour sur une ascension fulgurante et des épreuves tragiques.

C’est en février 2021 que Youssouf Daba Diawara succède à Issa K Ndjim à la tête de la CMAS, une organisation qui a émergé comme un acteur majeur de la société civile malienne. Issa Kaou Ndjim, figure respectée et influente, avait conduit la CMAS durant des années, mobilisant les Maliens autour des questions de gouvernance et d’éthique politique. La transition vers Diawara s’est faite dans un climat de forte attente, alors que la CMAS gagnait en notoriété, notamment pour son rôle dans les manifestations de 2020, qui ont abouti à la chute du président Ibrahim Boubacar Keïta.

Youssouf Daba Diawara a rapidement su s’imposer comme un leader charismatique, promettant de poursuivre le combat pour la justice sociale et la réconciliation nationale. Ses discours passionnés et sa capacité à rassembler les foules ont fait de lui une voix incontournable dans le paysage politique malien. Toutefois, son mandat ne sera pas de tout repos.

Sous sa direction, la CMAS a continué à jouer un rôle central dans la mobilisation populaire, notamment en soutenant les actions de l’imam Mahmoud Dicko, autre figure charismatique du mouvement. Diawara a su naviguer habilement dans les eaux troubles de la politique malienne, appelant à l’unité et à la solidarité entre les différentes couches de la société. Son engagement en faveur de la paix et de la justice a résonné auprès des Maliens, qui voient en lui un espoir pour l’avenir.

Cependant, cette ascension rapide ne s’est pas faite sans risque. Youssouf Daba Diawara et ses camarades ont dû faire face à des menaces croissantes, tant sur le plan personnel que politique. Son franc-parler et ses critiques acerbes à l’égard du gouvernement et des autorités en place lui ont valu des ennemis puissants.

Les enlèvements : une épreuve traumatisante

La situation prend un tournant dramatique avec ses deux enlèvements, qui ont profondément marqué son parcours et sa perception par le public. Le premier enlèvement a eu lieu vendredi 12 juillet 2024 sur le Pont FAD avant que l’affaire ne soit judiciarisé le lundi 15 juillet. Il sera libéré le 3 mois plus tard par la justice. Cette arrestation ne changera rien quant à ses convictions et à son engagement politique.

Malgré ces épreuves, Youssouf Daba Diawara a fait preuve d’une résilience remarquable. À son retour, il a intensifié ses efforts pour rassembler les Maliens autour des valeurs de paix et de justice conformément à la vision de l’imam Mahmoud DICKO. Ses prises de parole publiques sont devenues encore plus ferventes, et il a su transformer son expérience traumatisante en un appel à la solidarité nationale.

Le deuxième enlèvement est survenu le 3 mai 2026 à l’ACI 2000 et sa famille n’a toujours aucune information le concernant. La brutalité de cet acte a choqué ses proches mais ils gardent espoir de le retrouver dans les prochains jours.

Albadia DICKO


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